Resident Evil : 60 millions de dollars, Zach Cregger pulvérise le record de la saga
Le reboot démarre à 60 M$ aux États-Unis et 108,3 M$ dans le monde, soit presque l'intégralité du parcours américain de Resident Evil: Afterlife en un seul week-end. En France, plus de 314 000 entrées en cinq jours.
Par Fred Ferrer, le 22 septembre 2026. Catégorie : Cinéma.
Vendredi soir, séance de 21 heures, quelque part aux États-Unis. La salle est pleine, et pas d'un public de nostalgiques venus revoir Raccoon City par fidélité. Des gens de vingt-cinq ans, beaucoup de bandes d'amis, des rires nerveux au milieu des cris. Cette scène s'est répétée dans 3 684 cinémas nord-américains pendant le week-end, et elle se lit maintenant dans un chiffre : 60 millions de dollars. Le Resident Evil de Zach Cregger vient de signer le meilleur démarrage de toute l'histoire de la saga au cinéma, et le meilleur de la carrière de son réalisateur.
Un week-end qui vaut une carrière entière
Pour mesurer le choc, il faut regarder les attentes. Sony projetait un démarrage autour de 40 millions, et le suivi professionnel tablait sur 40 à 50 millions avant le week-end. Le samedi, le studio parlait encore de 53 à 55 millions. Le dimanche, le compteur affichait 60. À l'international, le film a ajouté 48,3 millions selon Variety, pour un total mondial de 108,3 millions dès le premier week-end. Le précédent record de la licence appartenait à Resident Evil: Afterlife, en 2010, avec Milla Jovovich : 26 millions au démarrage. Et le parcours complet d'Afterlife aux États-Unis s'était arrêté à 60,1 millions, selon The Hollywood Reporter. Autrement dit, Cregger a fait en trois jours ce que le meilleur épisode de l'ère Paul W. S. Anderson avait mis des semaines à accumuler. Tous les films de cette époque avaient démarré dans la zone des 20 millions, et la tentative de reboot de 2021, Welcome to Raccoon City, s'était effondrée à 5,3 millions. Derrière, le reste du classement paraît minuscule : Practical Magic 2, avec Sandra Bullock et Nicole Kidman, recule à la deuxième place avec environ 12,2 millions, et Spider-Man: Brand New Day, qui vient pourtant de devenir le plus gros succès de l'histoire du box-office américain, se contente de 6,5 millions pour son huitième week-end.
La France a suivi le mouvement, et même un peu devancé. Sorti chez nous dès le mercredi 16 septembre, le film a pris la tête du box-office avec 48 059 entrées le premier jour, plus du double des 21 415 de Welcome to Raccoon City en 2021. En cinq jours, il a dépassé les 314 000 entrées, loin devant Spider-Man: Brand New Day, autour de 109 000 sur la même période, et pourrait approcher les 400 000 à la fin de sa première semaine. Comme on te le racontait le jour de la sortie française, la critique avait déjà tranché avec un score historique sur Rotten Tomatoes. Le public, lui, confirme : 95 % chez les critiques, 91 % chez les spectateurs, et un B+ au CinemaScore, une note solide pour un film d'horreur, genre qui divise toujours davantage les sondages de sortie de salle.
Pourquoi ça marche
La première raison s'appelle Weapons. L'an dernier, le deuxième film de Cregger avait démarré à 43,5 millions et terminé à 270 millions dans le monde pour un budget de 38 millions, avec un Oscar pour Amy Madigan au bout. Son nom sur une affiche est devenu une promesse en soi. La deuxième raison, c'est le choix de faire table rase. Comme on l'avait pressenti en décortiquant le trailer fin juillet, pas de Leon, pas de Jill, pas d'Alice : un coursier médical joué par Austin Abrams, déjà vu dans Weapons, une nuit de neige et un virus. Le public en a profité pour venir sans bagage. Selon The Hollywood Reporter, 74 % des spectateurs avaient moins de 35 ans, et 65 % étaient des hommes. L'analyste Paul Dergarabedian résume la chose en deux temps : un grand nom de l'horreur qui rend frais quelque chose de familier, et une génération Z devenue moteur du box-office et amoureuse du genre. Le film a coûté 75 millions de dollars à Sony, contre 25 pour Welcome to Raccoon City. La mise était plus grosse, le retour aussi.
Je ne peux pas m'empêcher de penser à d'autres endroits où cette histoire pourrait aller.
Zach Cregger
Ce que ça dit des adaptations de jeux vidéo en 2026 est assez clair : les studios ont compris qu'il ne suffit plus de poser un logo sur une affiche. Le public suit quand un vrai cinéaste s'empare de la matière, et il suit massivement. Reste la question que tout Hollywood se pose depuis dimanche : y aura-t-il une suite, et avec qui ? Cregger a laissé la porte entrouverte avant la sortie, dans un entretien accordé au site The Playlist, mais son agenda est chargé, entre The Flood et un préquel consacré à Gladys, la révélation de Weapons. Sony serait mal inspiré de laisser filer l'homme qui vient de ressusciter sa licence. Et si tu ne l'as pas encore vu, le film est toujours à l'affiche : c'est le genre de séance qui gagne à être partagée avec une salle bien remplie.
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