Clayface prend la tête du box-office, mais le DCU de James Gunn a de quoi s'inquiéter
24 millions de dollars aux États-Unis, 43 millions dans le monde : le film d'horreur DC réalisé par James Watkins finit premier, avec l'un des plus petits démarrages de DC depuis Man of Steel. Mais avec un budget modeste, le calcul est moins simple qu'il n'y paraît.
Par Fred Ferrer, le 29 octobre 2026. Catégorie : Cinéma.
Une salle obscure, une semaine avant Halloween. À l'écran, un visage se met à couler comme de la cire au soleil, la peau se déforme, les traits glissent, et quelqu'un au troisième rang lâche un juron. Clayface ne ressemble à aucun film de super-héros sorti ces dernières années, et c'est précisément son pari : faire d'un méchant de Batman le héros tragique d'un vrai film d'horreur corporelle. Ce week-end du 23 au 25 octobre, le pari a payé en partie. Le film a pris la première place du box-office nord-américain. Sauf qu'en y regardant de plus près, cette première place raconte une histoire plus nuancée.
Premier, mais avec l'un des plus petits démarrages DC
Les chiffres d'abord. Clayface a rapporté environ 24 millions de dollars sur 3 458 salles aux États-Unis, juste sous les projections initiales, et 19 millions à l'international, soit un démarrage mondial de 43 millions. Derrière lui, le documentaire d'A24 You Can See Everything, consacré à Elizabeth Holmes, a pris 19,5 millions pour son deuxième week-end, devant Wildwood, le nouveau Laika (11,8 millions), Street Fighter (8,6 millions) et Wicker (5,8 millions). Le hic, c'est la comparaison historique : selon plusieurs analyses, il s'agit du deuxième plus faible démarrage d'un film DC depuis Man of Steel en 2013. Il fait aussi moins bien que Supergirl, sorti en juin, qui n'a terminé qu'à 126 millions de dollars dans le monde alors qu'il en visait environ 300 pour être rentable.
Sauf que Clayface ne joue pas dans la même catégorie. Réalisé par James Watkins, l'homme derrière Eden Lake et le remake de Speak No Evil, sur un scénario de Mike Flanagan retravaillé ensuite par Hossein Amini, le film suit Matt Hagen, un acteur défiguré qui se transforme en créature de glaise, incarné par Tom Rhys Harries aux côtés de Naomi Ackie et Max Minghella. Son budget est estimé entre 30 et 44 millions de dollars selon les sources, le plus petit de toutes les productions DC récentes. Avec 43 millions dès le premier week-end, il a déjà presque récupéré son coût de production, hors marketing. Le public, lui, suit : le CinemaScore affiche un A-, une note rare pour un film d'horreur, genre où les spectateurs notent souvent sévèrement.
Le casting créatif explique aussi l'accueil. Mike Flanagan, l'auteur du premier jet, s'est fait un nom avec des séries d'horreur très suivies comme The Haunting of Hill House ou Sermons de minuit, où la peur sert toujours à raconter un deuil ou une culpabilité. James Watkins, lui, est un spécialiste du malaise qui monte lentement. Le film assume pleinement l'horreur corporelle que montraient les bandes-annonces, et c'est ce qui a attiré une partie du public venu pour frissonner avant Halloween plutôt que pour un énième film de cape. Dans la presse américaine, l'accueil critique va de mitigé à franchement bon, avec un Tom Rhys Harries régulièrement salué dans le rôle de Matt Hagen.
Clayface est un excellent exemple de studios qui prennent des risques.
Paul Dergarabedian
Le pari des petits films DC
C'est là que le film devient intéressant pour l'avenir du DCU de James Gunn et Peter Safran. Le studio ne peut pas aligner que des blockbusters à 200 millions : les échecs coûtent trop cher, et Supergirl l'a rappelé cet été. Clayface teste une autre voie, celle des films de genre à budget contenu, portés par des auteurs, qui exploitent la galerie de méchants de Batman comme l'avait fait la série The Penguin. Un projet autour de Poison Ivy est déjà évoqué. Si un film d'horreur à 40 millions finit rentable en salles puis en vidéo, il devient un modèle beaucoup plus soutenable qu'un nouveau film de super-héros à grand spectacle. Le contexte pèse aussi : Clayface sort un peu plus de deux semaines après la date prévue pour le rachat de Warner Bros. par Paramount, dont on détaillait les enjeux début octobre, et chaque résultat de DC sera désormais lu à la lumière des économies promises par le nouveau propriétaire.
En France, le film est sorti dès le 21 octobre, deux jours avant les États-Unis. Le second week-end dira tout : les films d'horreur chutent souvent fort, mais Halloween tombe ce samedi et pourrait limiter la casse. Si le bouche-à-oreille porté par ce A- tient, Clayface pourrait devenir la petite victoire dont DC a besoin, celle qui prouve qu'on peut gagner sans viser le milliard, et qu'un méchant de second plan peut porter un film entier quand on lui donne une vraie tragédie à jouer. Si tu hésites, c'est un film qui se voit en salle, avec un public qui réagit. Et si tu préfères attendre, sache que Warner n'a encore annoncé aucune date de sortie en vidéo ou en streaming : avec la fenêtre habituelle de quatre mois en France, il ne faut pas l'espérer à la maison avant la fin de l'hiver.
La bande-annonce finale de Clayface en version française (source : Warner Bros. France)
À lire aussi en Cinéma
- You Can See Everything : le documentaire sur Elizabeth Holmes devient un phénomène en salles
- Paramount avale Warner Bros. le 6 octobre : Hollywood s'appellera Skydance
- The Last of Us : John Goodman rejoint la saison 3, Naughty Dog prépare deux nouveaux projets
- Elsinore : Andrew Scott devient Ian Charleson dans un premier trailer taillé pour les Oscars
Les derniers articles CTRL-POP
- Phantom Blade Zero sort aujourd'hui : 88 sur Metacritic, l'action chinoise tient sa promesse
- Modern Warfare 4 : le Call of Duty le mieux noté sur Steam depuis plus de dix ans
- Apple lance son premier MacBook Pro tactile à écran OLED, à partir de 2 899 dollars
- IVE, ILLIT et RIIZE le même jour : le 26 octobre, la K-pop a eu son super lundi
Tous les articles · Toutes les thématiques · L'équipe CTRL-POP