NewJeans contre Hybe : la guerre s'achève (peut-être)
Min Hee-jin éjectée, le groupe en suspens, les fans qui paient.
Par Myriam Aït, le 22 avril 2026. Catégorie : Musique.
Novembre 2024, tu ouvres YouTube et tu tombes sur cinq filles de vingt ans qui annoncent en direct qu'elles quittent la major la plus puissante de Corée du Sud. Pas un communiqué d'avocats : une conférence de presse improvisée, en larmes par moments. Ce soir-là, NewJeans a fait basculer un conflit d'entreprise en feuilleton mondial. Un an et demi plus tard, on connaît la fin, et elle ne ressemble pas au conte de fées espéré par les fans.
Pour comprendre, il faut remonter à avril 2024. Min Hee-jin, directrice d'ADOR, le sous-label qui a créé le groupe, accuse publiquement sa maison mère Hybe de vouloir la pousser dehors et de copier le concept NewJeans avec un autre groupe. Hybe riposte par un audit interne et l'accuse de préparer une prise d'indépendance. Les cinq membres choisissent leur camp : celui de leur productrice.
Il faut mesurer ce qui était en jeu. Depuis leurs débuts en 2022, NewJeans avaient imposé un son à contre-courant de la K-pop dominante, plus proche du garage anglais et du Jersey club que des refrains explosifs, avec une esthétique années 2000 copiée dans toute l'industrie. Le groupe n'était pas un actif comme un autre : c'était la vitrine créative de Hybe.
La bascule judiciaire
Min Hee-jin est écartée de la direction d'ADOR en août 2024, puis quitte le conseil d'administration en novembre. Les NewJeans annoncent dans la foulée la rupture de leur contrat exclusif, se rebaptisent NJZ début 2025 et tentent de continuer seules. Hybe attaque. En mars 2025, un tribunal de Séoul leur interdit toute activité indépendante le temps de la procédure.
Le jugement de première instance tombe le 30 octobre 2025 : les contrats restent valides, ADOR garde la main sur la carrière du groupe. Les cinq membres laissent passer le délai d'appel à la mi-novembre, ce qui rend la décision définitive, et annoncent leur retour au label. D'abord Haerin et Hyein, puis Minji, Hanni et Danielle quelques heures plus tard, dans un retour échelonné.
Min Hee-jin, elle, a gagné son propre bras de fer : en février 2026, la justice a condamné Hybe à lui verser l'équivalent de plus de 17 millions de dollars au titre de ses parts dans ADOR. Deux dossiers, deux issues opposées.
Ce que ça dit de la K-pop
L'affaire est devenue un cas d'école en Corée. Elle a relancé le débat sur les contrats de trainees, qui lient des adolescents à un label pour sept ans ou plus, et sur la place réelle des artistes dans des groupes conçus comme des produits d'entreprise. Le message envoyé aux idoles est brutal : la popularité et le soutien des fans ne pèsent rien face à un contrat signé.
Côté fans, les Bunnies restent divisés entre ceux qui accompagnent le retour et ceux qui estiment que l'âme du projet est partie avec Min Hee-jin. Ce qu'il faut surveiller maintenant : la première sortie musicale post-procès, et surtout qui signera la direction artistique. C'est là qu'on saura si NewJeans est encore NewJeans.
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