© 2026 CTRL-POP (ctrlpop.fr) · Créé par Neva Vidal · Tous droits réservés · NEVA-7A0DCD1A761E1FF7-CTP
Accueil › Médias › Musique

Mastodon, Marrow Deep : l'album du deuil, un an après la mort de Brent Hinds

Sorti le 28 août chez Loma Vista, le neuvième album des Américains a été enregistré une semaine après la disparition du guitariste fondateur, écarté du groupe quelques mois plus tôt. Nouveau guitariste, claviériste titularisé, des invités de Josh Homme à Geezer Butler, et un disque que Rolling Stone compare à « Shine On You Crazy Diamond ». On l'a écouté sans voyeurisme.

Par Myriam Aït, le 7 septembre 2026. Catégorie : Musique.

Mastodon, Marrow Deep : l'album du deuil, un an après la mort de Brent Hinds

Septembre 2025, un studio d'Atlanta, West End Sound. Quatre musiciens branchent leurs amplis pour enregistrer un album écrit à cinq. Le cinquième s'appelait Brent Hinds, il avait cofondé Mastodon en l'an 2000, et il est mort une semaine plus tôt dans un accident de moto, à quelques mois de son départ du groupe, un départ acrimonieux que les deux camps avaient étalé en public. On ne va pas te refaire ce feuilleton ici : ce qui compte, c'est ce que le groupe a fait de la chaise vide. Marrow Deep, sorti le 28 août chez Loma Vista, est la réponse, et elle tient en soixante-cinq minutes et douze titres. Sur « In the Ruins », Troy Sanders, le bassiste-chanteur, hurle qu'on ne s'en remet pas. Ce n'est pas une figure de style.

Un groupe qui a toujours écrit depuis le deuil

Rolling Stone le rappelle avec justesse : presque chaque album de Mastodon a été écrit dans la douleur. Remission et Crack the Skye portaient la mort de la sœur de Brann Dailor, le batteur-chanteur ; The Hunter, celle du frère de Hinds, dans un accident de chasse ; Once More 'Round the Sun, celle de la mère de Bill Kelliher ; Hushed and Grim, en 2021, celle de leur manager Nick John. Marrow Deep ajoute deux noms à cette liste : Hinds, donc, et la mère de Dailor, décédée en février 2025. Quand Dailor chante sur « Your Ghost Again », le premier single sorti en juin, qu'il a revu le fantôme de l'autre, suivi d'un regret écrasant, il n'y a aucune ambiguïté sur le destinataire. Et dans « The Vanishing », introduit par Geezer Butler de Black Sabbath, il rejoint sa mère et sa sœur dans une même phrase, avant que Sanders ne pose la question qui traverse tout le disque : peut-on supporter une blessure qui ne guérit jamais ? Le morceau finit sur un cri. Juste un cri.

Le chemin a été turbulent, et même si nous avons l'habitude d'explorer des sujets lourds, celui-là a frappé différemment.

Mastodon, message publié pour la sortie de Marrow Deep, août 2026

Deux nouveaux, des claviers partout, et Josh Homme à dîner

Musicalement, ce n'est pas l'album d'un groupe amputé, plutôt celui d'un groupe qui se réinvente à cinq. Nick Johnston, le guitariste canadien qui remplace Hinds, signe ici son premier disque avec Mastodon, et João Nogueira, le claviériste qui tournait avec eux, est désormais membre à part entière. Rolling Stone note qu'il prend autant de solos que Kelliher et Johnston, avec des sons d'orgue et de synthé qui tirent le groupe vers Pink Floyd, Deep Purple, parfois Yes, et un côté John Carpenter sur « Barbarian's Blood » ou la ballade « Moth and Bone ». La production est partagée entre Patrik Berger, connu pour Lana Del Rey et Charli XCX, et Kurt Ballou de Converge, ce qui explique la liste d'invités : Ben Koller et Nate Newton de Converge, Josh Homme sur « Snakes for Dinner », le second single, et des membres de Gojira, Lamb of God et Clutch. Wikipedia résume l'intention par une approche plus primitive et rituelle, moins psychédélique qu'avant ; Rolling Stone parle surtout de maturité, d'un disque tour à tour turbulent, orné, chaotique et cathartique, où l'on entend les instruments pleurer autant que les voix. La critique suit : 83 sur Metacritic, quatrième place des ventes en Belgique francophone, sixième en Australie.

Ce que les trois survivants en disent

Le groupe a accompagné la sortie d'un message signé collectivement, qui parle d'un album forgé dans le chaos et l'émotion brute, avec Nick et João à leurs côtés pour ce nouveau chapitre, et se termine par un rendez-vous sur la route. Dans les entretiens repris par The Prog Report, chacun y va de sa formule : Sanders voit dans le disque un moment de renaissance plutôt qu'une fin, Dailor dit que la musique l'a aidé à traverser le deuil plutôt qu'à rester assis dedans, et Kelliher avoue avoir pleuré à l'écoute de la version finale, en précisant que certaines larmes étaient de joie. La tournée Poisonous Weapons démarre le 16 septembre à Orlando, avec Deafheaven et Alcest en ouverture ; aucune date européenne n'a été annoncée à l'heure où l'on écrit. Ce que Marrow Deep laisse, au bout du compte, c'est une consigne que Sanders hurle sur « Golden Spires », l'un des sommets du disque, et qu'on peut prendre pour soi sans être fan de metal : libère-toi pour vivre. Venant d'un groupe qui enterre ses morts en musique depuis vingt-cinq ans, ce n'est pas un slogan. C'est une méthode.

À lire aussi en Musique

  • Erykah Badu et The Alchemist : « Before the World Blows », le retour de Badu après dix ans
  • BLACKPINK en mode solo : Lisa sort « SaWaDiKa » jeudi, Jisoo enchaîne avec « CLICK » vendredi
  • CORTIS fête sa première année avec GREENGREEN_playextended et deux inédits
  • NCT 127 revient avec Blingy : premier album depuis 25 mois et tournée mondiale

Les derniers articles CTRL-POP

  • Primetime : Pattinson enflamme Venise en Chris Hansen, et le vrai Hansen boude le film
  • Oasis : Don't Look Back in Anger, le doc de la réunion des Gallagher conquiert Venise
  • Marvel's Wolverine : dernière ligne droite avant le 15 septembre, la PS5 attend son hit
  • BlizzCon 2026 ce week-end : StarCraft Infantry, le shooter fantôme que tout le monde attend

Tous les articles · Toutes les thématiques · L'équipe CTRL-POP