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BlizzCon 2026 : Diablo V en 2029, StarCraft en shooter open world et Netflix

Blizzard a vidé son sac le 12 septembre à Anaheim. Un Sanctuaire où le mal a déjà gagné, un StarCraft qui revient en 2030 sous une forme que personne n'attendait, un troisième World of Warcraft dès novembre, et une série animée Diablo chez Netflix.

Par Jinx_XII, le 16 septembre 2026. Catégorie : Gaming.

BlizzCon 2026 : Diablo V en 2029, StarCraft en shooter open world et Netflix

Il y a un moment, samedi soir à Anaheim, où la salle a fait un bruit qu'on n'entend plus beaucoup dans les conférences de jeu vidéo. Pas le cri poli qu'on lâche pour une date de sortie, non : le grondement d'une salle entière qui se lève d'un coup. À l'écran, un marine enfilait son armure, plan par plan, avant de se retourner face à une marée de Zergs. Le logo StarCraft est revenu, plus de dix ans après Legacy of the Void. Cinq minutes plus tard, tout le monde avait compris que ce BlizzCon 2026 allait être celui des annonces à très long terme.

Diablo V, ou ce qui reste quand le monde est tombé

La grosse annonce s'appelle Diablo V et vise le printemps 2029. Le pitch est le plus intéressant que la série ait proposé depuis longtemps : l'action se situe un siècle après Diablo IV, dans un Sanctuaire où le mal l'a emporté et où les héros ont été vaincus. Tu n'arrives donc pas pour empêcher la catastrophe, tu arrives après. Aucun gameplay n'a été montré, aucune classe annoncée, et Blizzard ne dit encore rien de ce que « survie » veut dire concrètement dans ses mécaniques. En attendant, Diablo IV continue de vivre : la saison Hell's Legacy est lancée le 15 septembre, le jeu débarque sur Switch 2 le même jour, et le pack de classe Amazone est calé sur le premier semestre 2027.

Que dois-tu devenir quand le monde est déjà tombé ?

Blizzard Entertainment

Ce qu'il faut bien mesurer, c'est ce que le teaser ne montre pas. Aucune séquence de jeu, aucune interface, aucun aperçu de ce que sera une session de Diablo V. On te vend une ambiance et une promesse, à trois ans de distance, avec un studio qui n'a même pas donné le nom d'une seule classe jouable. C'est une annonce de drapeau planté, pas une annonce de jeu. Pour les joueurs de Diablo IV, la vraie information est immédiate et tient en une ligne : la sortie sur Switch 2 le 15 septembre fait de Diablo IV le premier Diablo moderne jouable en déplacement sans passer par le cloud. Il y a donc du contenu pour tenir jusqu'à ce que l'épisode suivant existe autrement que sur une affiche.

Le teaser d'annonce de Diablo V diffusé pendant la cérémonie d'ouverture : de l'ambiance, aucune image de jeu. (source : Diablo)

StarCraft revient, mais en shooter

On avait relayé la rumeur avant le salon, celle d'un StarCraft qui reviendrait par la porte du FPS. Elle est confirmée, et elle va faire du bruit longtemps. Le nouveau StarCraft est un shooter solo, narratif, en monde ouvert, situé environ soixante-dix ans après Legacy of the Void, et il est prévu pour le printemps 2030. À sa tête, Dan Hay, l'homme qui a été directeur créatif de Far Cry 5 puis a supervisé la série jusqu'à Far Cry 6 chez Ubisoft. Il a dit vouloir rallumer l'univers StarCraft, et a précisé un point qui vaut de l'or par les temps qui courent : pas de service en continu, pas de saison, un vrai jeu narratif. Pour les vétérans du RTS qui espéraient un StarCraft III, ça reste une pilule difficile à avaler, et les commentaires sous l'annonce le disent assez clairement.

Là encore, rien n'a été montré côté jouabilité : le teaser se contente d'un marine qui enfile son armure pièce par pièce avant d'affronter une marée de Zergs. Mais le choix de genre, lui, est un pari lourd. Un StarCraft à la troisième ou à la première personne, c'est abandonner ce qui faisait la singularité absolue de la licence sur PC, une des dernières grandes séries de stratégie en temps réel encore vivantes dans l'imaginaire collectif, et la rebrancher sur le format le plus concurrentiel du marché. Blizzard mise visiblement sur l'idée que l'univers vaut plus que le genre : les Terrans, les Zergs et les Protoss sont une mythologie de science-fiction largement aussi solide que celle de Warcraft, et elle n'a jamais été explorée ailleurs que depuis un point de vue en surplomb. Reste que pour une partie du public historique, cette annonce ressemble moins à un retour qu'à une reprise de licence.

World of Warcraft: Forever, le seul truc jouable cette année

Au milieu de ces promesses à trois et quatre ans, une annonce atterrit tout de suite. World of Warcraft: Forever sort le 4 novembre 2026 et devient une troisième branche officielle du MMO, à côté de Modern et de Classic. Le contenu annoncé est costaud : trois zones, plus d'un millier de quêtes, neuf donjons, deux raids et une nouvelle race, les Skyborne. La bêta ouvre dès le 17 septembre, soit demain au moment où tu lis ces lignes, ce qui en fait de très loin l'annonce la plus proche de toi dans le temps sur toute cette cérémonie.

L'idée d'une troisième branche mérite qu'on s'y arrête, parce qu'elle dit beaucoup de l'âge du jeu. Modern, c'est le World of Warcraft d'aujourd'hui, avec ses extensions successives et ses systèmes empilés depuis vingt ans. Classic, c'est le retour au jeu de 2004, pour ceux qui trouvent que tout ce qui a été ajouté depuis a dilué l'expérience. Forever vient s'installer entre les deux, avec du contenu neuf et une structure à part, ce qui revient à reconnaître officiellement qu'il n'existe plus un seul public de WoW mais trois, avec des attentes incompatibles. Peu de jeux en service ont assumé une segmentation aussi nette de leur propre communauté. Les chiffres annoncés ressemblent à ceux d'une extension classique, ce qui suggère un investissement complet et pas un habillage de contenu recyclé.

Illustration officielle de Diablo V : une créature cornue assise sur un trône, une épée plantée devant elle.
Illustration officielle de Diablo V : une créature cornue assise sur un trône, une épée plantée devant elle. (© Blizzard Entertainment via NME)

Une série Netflix annoncée sans rien autour

C'est Johanna Faries, présidente de Blizzard, qui a lâché l'information en fin de cérémonie : une série animée se déroulant dans l'univers de Diablo est en développement avec Netflix. Et c'est tout. Pas de studio d'animation nommé, pas de showrunner, pas de casting vocal, pas de fenêtre de diffusion. Annoncer une adaptation à ce stade de vide, c'est une décision stratégique en soi : Blizzard plante un drapeau sur le terrain des adaptations de jeux, celui où Netflix a déjà Arcane et Castlevania, avant même d'avoir quelque chose à montrer. La méthode dit quelque chose de l'époque. Une licence ne se défend plus seulement par ses jeux, elle se défend par sa présence à l'écran, et mieux vaut prendre date trop tôt que laisser le terrain libre.

Si tu veux toucher quelque chose de concret issu de ce BlizzCon, c'est là qu'il faut aller : la bêta de World of Warcraft: Forever, ouverte à partir du 17 septembre, est le seul morceau de ces annonces que tu peux juger par toi-même cette année. Tout le reste tient encore de la promesse. Blizzard a aussi confirmé que The Last Titan, dernier chapitre de la saga Worldsoul lancée en 2024, serait détaillé au début de l'année prochaine, ce qui laisse penser que la branche Modern continuera d'avancer en parallèle de Forever plutôt que de lui céder la place.

Le reste du programme complète le tableau sans le bouleverser. Overwatch annonce Doctrine, un nouveau héros de soutien pour sa cinquième saison, une carte inédite baptisée Watchpoint: Grímsvötn, un Overwatch Spotlight calé en février 2027 et un one-shot de jeu de rôle sur table, QuestWatch, diffusé le 13 septembre. Hearthstone aligne l'extension Reign of the Black Empire pour le 20 octobre, un nouveau type de serviteur, les Aberrations, en Battlegrounds dès le 22 septembre, et une classe Moine en mars 2027. Mis bout à bout, ces annonces composent le portrait d'un éditeur qui entretient méticuleusement son parc existant pendant que ses deux grandes nouveautés mûrissent au loin. C'est une gestion prudente, sans doute la seule possible pour un studio qui n'a plus le droit de rater un lancement, mais ça donne une cérémonie curieusement calme derrière les gros titres.

Au final, cette cérémonie t'a vendu deux jeux qui n'existeront pas avant 2029 et 2030, une série animée sans date ni studio, et un MMO qui ouvre sa bêta dans quelques heures. Trois et quatre ans d'attente, ce sont des horizons qu'aucun autre éditeur n'ose afficher sur une scène : la plupart annoncent à dix-huit mois pour éviter que la hype ne pourrisse. Blizzard fait l'inverse, et le fait probablement parce qu'il n'a pas le choix, avec un catalogue vieillissant et rien de neuf à montrer à court terme. Le pari est risqué. Beaucoup de choses peuvent arriver à un jeu entre l'affiche de 2026 et la boîte de 2030, et l'histoire récente du studio en a donné plus d'un exemple. Alors oui, la salle d'Anaheim s'est levée samedi soir. Reste à savoir si elle se souviendra de ce grondement en 2030, quand il faudra enfin livrer le jeu qui l'a provoqué. D'ici là, la seule chose que Blizzard te demande vraiment, c'est de rester abonné.

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