Le K-drama prend le contrôle de Netflix en 2026
33 séries et films produits à Séoul pour 2026, et le coréen devenu la deuxième langue de la plateforme.
Par Camille D., le 17 avril 2026. Catégorie : Culture.
Ouvre Netflix un soir de semaine et regarde la rangée Tendances. Il y a dix ans, tu y trouvais des séries américaines et deux ou trois françaises. En 2026, il faut faire un effort pour ne pas tomber sur une production coréenne. Ce n'est plus une mode saisonnière, c'est devenu la colonne vertébrale du catalogue.
Le chiffre qui résume tout : Netflix a présenté en janvier 2026 sa feuille de route coréenne pour l'année, soit 33 séries et films produits depuis Séoul. Et le coréen est désormais la deuxième langue la plus consommée sur la plateforme dans le monde, derrière l'anglais. Pas la deuxième d'Asie, la deuxième tout court, devant l'espagnol et le japonais.
L'équation économique
Le calcul de Netflix est brutalement simple. Squid Game, la série qui a tout déclenché en 2021, a coûté environ 21,4 millions de dollars pour neuf épisodes. C'est le prix de deux épisodes d'une grosse série américaine. Selon des documents internes révélés à l'époque, Netflix estimait la valeur générée par cette saison à près de 900 millions de dollars. Aucune production occidentale n'offre ce rapport.
D'où l'engagement pris en avril 2023, quand Ted Sarandos annonce 2,5 milliards de dollars investis en Corée du Sud sur quatre ans, soit le double de ce que la plateforme y avait dépensé entre 2016 et 2022. Cet argent-là finance ce que tu vois arriver aujourd'hui : les suites, les nouvelles licences, et surtout la télé-réalité coréenne, beaucoup moins chère à produire et redoutablement efficace à l'international.
Ce qu'il y a en rayon en 2026
La sélection annoncée pour l'année mélange les registres sans complexe. Une comédie romantique portée par Jisoo de Blackpink, une série de super-héros avec Park Eun-bin et Cha Eun-woo, un thriller psychologique mené par Shin Hye-sun, et la première série d'horreur coréenne pour ados de la plateforme, attendue fin avril. À côté de ça, les valeurs sûres reviennent : Culinary Class Wars et Singles Inferno rempilent, et Lee Chang-dong, l'un des plus grands cinéastes coréens vivants, débarque au catalogue.
Le revers, en Corée, personne ne le cache. Les producteurs locaux touchent des frais de production confortables mais cèdent la propriété des séries : quand un titre explose dans quatre-vingt-dix pays, le studio coréen ne touche pas un centime sur l'exploitation mondiale. Le débat agite le secteur depuis Squid Game, dont le créateur Hwang Dong-hyuk a lui-même rappelé publiquement qu'il n'avait pas été intéressé au succès de la première saison. Les budgets montent, la dépendance aussi.
Ce qu'il faut surveiller cette année, c'est donc moins le prochain carton que la réaction des studios coréens eux-mêmes. Certains commencent à garder leurs droits et à vendre à la découpe plutôt que de tout céder à une seule plateforme. Si ce mouvement prend, le rapport de force change. Et pour toi, spectateur, ça se traduira très concrètement par des séries coréennes ailleurs que sur Netflix. Disney+, Apple TV et les plateformes coréennes comme TVING avancent déjà leurs pions sur ce terrain.
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