Marvel's Wolverine : Logan est impeccable, le jeu autour beaucoup moins
Insomniac troque la toile contre les griffes et signe le jeu le plus brutal de son histoire. Le personnage est une réussite totale. Le combat, lui, s'essouffle à mi-parcours, et le jeu te tient la main jusqu'au générique.
Testé par Sarah L., le 28 septembre 2026. Note : 7/10.
Verdict : Insomniac réussit l'essentiel, Logan : sa rage, sa fatigue, sa violence, jamais un jeu ne l'avait aussi bien compris. Mais le combat tourne en rond passé dix heures, le jeu te tient la main jusqu'au bout et le récit s'emmêle en seconde moitié. Un bon jeu d'action, pas le hit que la PS5 attendait.
Cinq ans d'attente, une fuite de données, un trailer surprise au Comic-Con, et le 15 septembre, enfin, les griffes. Marvel's Wolverine est sorti sur PS5, et Insomniac y fait un pari franc : fini le bac à sable new-yorkais des Spider-Man, place à une aventure linéaire, classée pour adultes, où Logan tranche, saigne et se relève. On a bouclé l'histoire en un peu plus de quinze heures, puis on est retournés chercher les bouteilles de whisky et les portes cauchemar. Tu as suivi le débat sur les notes, on t'en parlait au lendemain de la sortie. Voilà notre avis, manette en main, et il ressemble au jeu : partagé, mais pas tiède.
Un Logan enfin à sa taille
Commençons par ce qu'Insomniac a réussi, et c'est l'essentiel : Logan. Liam McIntyre lui donne une voix râpeuse, usée, souvent drôle sans le vouloir, et l'écriture de Walt Williams, le scénariste de Spec Ops : The Line, et de Jon Paquette, passé par les Spider-Man, refuse d'en faire un héros propre. Il boit, il se tait, il se trompe. Son corps raconte le reste : sous les coups, la peau s'arrache, les muscles apparaissent, puis le facteur guérisseur recoud tout en quelques secondes. Autour de lui, Team X, Jean Grey, Mystique et un Bolivar Trask qui fabrique ses Sentinelles forment un casting solide, sans Xavier ni Magneto, ce qui laisse de l'air au récit. La première moitié est tendue, resserrée, excellente. La seconde s'emmêle : les pistes s'empilent, le jeu prépare visiblement ses suites, et la relation entre Logan et Jean tombe dans des clichés de romance tragique vus mille fois. On sort attaché au personnage, beaucoup moins à l'histoire.
Des griffes qui font mal, puis qui radotent
Les trois premières heures, c'est un bonheur brutal. Deux boutons d'attaque, une parade, une esquive, un bond qui te projette sur l'ennemi le plus proche : le schéma est simple et c'est le rythme qui fait tout. Chaque coup placé, chaque parade réussie nourrit la guérison et la rage, qui grimpe sur trois paliers jusqu'à la frénésie, où Logan découpe tout ce qui bouge. Les démembrements sont généreux, la caméra colle au corps, et le duel contre Lady Deathstrike compte parmi les meilleurs combats de boss qu'Insomniac ait jamais mis en scène. Puis, vers la dixième heure, la mécanique se voit. Les ninjas de la Main, les soldats des Reavers et les Sentinelles reviennent par vagues, avec les mêmes faiblesses, et tu enchaînes les trois mêmes combos. Les techniques spéciales, comme le Tourbillon acéré, relancent un peu l'intérêt sans jamais changer ta façon de jouer. C'est le reproche central de la presse la plus sévère, et on le partage.

Un couloir bien filmé, une main tenue trop fort
Le format linéaire, on l'assume volontiers : pas de carte saturée d'icônes, pas de mission secondaire pour retrouver un chat, et une aventure qui s'arrête avant de lasser. Tokyo, sous la pluie et les néons, est le plus beau décor du jeu, et Madripoor comme les étendues glacées du Canada offrent de vrais morceaux de bravoure. En mode Performance, la PS5 tient ses 60 images par seconde au prix d'une image un peu molle, que le PSSR de la PS5 Pro nettoie franchement. Mais entre deux grandes scènes, on traverse beaucoup de couloirs industriels gris, avec des énigmes d'environnement d'une simplicité désarmante. Et surtout, le jeu te prend par la main jusqu'au générique : traces d'odeur très voyantes, indices sonores, bulles de tutoriel jusque dans les derniers chapitres, partenaires qui soufflent la solution avant que tu aies cherché. Insomniac a entendu la critique. Le jour de la sortie, le studio s'est dit fier de son jeu et à l'écoute des joueurs. Une semaine plus tard, un correctif rendait les traces d'odeur plus discrètes, puis la mise à jour 1.001.006 a permis de les couper pour les objectifs facultatifs : bouteilles de whisky, caisses de matériaux, portes cauchemar. Pas encore pour l'histoire principale.
Malgré ses qualités habituelles, ce Wolverine peine à devenir incontournable chez Marvel.
Gamekult
Pourquoi 7
Les chiffres racontent un jeu qui divise. Au lancement, on t'annonçait 78 sur Metacritic, le plus bas score d'Insomniac depuis dix ans. Deux semaines plus tard, la moyenne a glissé à 76 sur 140 tests, seuls 65 % des critiques recensés par OpenCritic le recommandent, et les joueurs lui donnent 6,8 sur 10. Les écarts restent immenses, du 6 d'IGN, de GameSpot et de Gamekult au 8,5 de Game Informer. Ça ne l'empêche pas de se vendre : le cabinet Alinea Analytics estime à 1,9 million les exemplaires écoulés en trois jours, un chiffre que Sony n'a pas confirmé. Notre 7, c'est la note d'un jeu à deux visages : un Logan qu'on n'oubliera pas, et un jeu d'action qui s'essouffle à mi-chemin. À 79,99 € sur le PlayStation Store, 89,99 € pour une Digital Deluxe purement cosmétique, le prix fort se discute pour une quinzaine d'heures, même si la version boîte se trouve déjà autour de 70 €. Si tu aimes Logan, fonce. Si tu espérais un Spider-Man avec des griffes, attends une promo et les prochains correctifs.