Avengers : Endgame Extended, le sommet du MCU revient et prépare Doomsday
Sept ans après, le film des frères Russo retrouve le grand écran pour deux semaines, avec quatre minutes inédites qui ouvrent la route vers Avengers : Doomsday. Un pari commercial assumé, presque parfait, à une scène près.
Testé par Neva Vidal, le 29 septembre 2026. Note : 9.5/10.
Verdict : Sept ans après, Endgame reste avec Infinity War le sommet du MCU, et ses scènes inédites posent de vraies bases pour Doomsday. Il frôle le 10 : le demi-point manquant, c'est la scène de la TVA réservée à l'IMAX et à l'Infinity Vision, alors que les salles Dolby Cinema et 4DX méritaient mieux.
Mercredi 23 septembre, séance du soir. Tu connais chaque réplique par cœur, le claquement de doigts, les portails qui s'ouvrent un à un, et pourtant la salle retient son souffle comme au printemps 2019. Puis le générique démarre, et personne ne se lève. Tout le monde est venu pour ce qui arrive après. Avengers : Endgame Extended (Avengers Endgame: Encore aux États-Unis) est ressorti chez nous le 23 septembre, pour deux semaines seulement, dans une version de 3 h 05, soit environ quatre minutes de plus que l'original. Marvel l'avait annoncé dès juillet au Comic-Con de San Diego, on te le glissait dans notre papier sur Black Panther 3. On y est retournés, et on ne regrette rien.
Commençons par l'essentiel : le film n'a pas pris une ride. Avec Infinity War, c'est pour nous le sommet du MCU, littéralement, et le revoir sur grand écran le confirme. Les frères Russo réussissent un exercice que personne n'avait tenté à cette échelle : refermer onze ans et vingt-deux films en trois heures, sans jamais lâcher le fil émotionnel. Le premier acte ose le deuil et le silence, le casse temporel à travers les anciens films joue avec notre mémoire de fan, et la bataille finale reste un des plus grands moments de cinéma populaire de la décennie. Trois heures qui passent comme une, et une salle qui applaudit encore pile au même moment qu'en 2019.
Attention spoilers : ce que montrent les ajouts
Si tu veux garder la surprise, saute directement à la partie suivante. Premier ajout, et le plus inattendu : la fin elle-même. Steve Rogers retrouve toujours Peggy Carter dans le passé, mais cette fois, on frappe à leur porte. C'est Loki, en tenue de la TVA, qui assure pouvoir les aider tous les deux. Joe Russo a précisé à AlloCiné que ce moment se situe entre les saisons 1 et 2 de la série Loki. Deuxième ajout, au milieu du générique : Bruce Banner s'est enfermé dans un bunker militaire après un incident lié aux événements de Spider-Man : Brand New Day, le film où on avait recroisé son Hulk cet été. Il cherche à dompter les rayons gamma quand les lumières s'éteignent et qu'une voix au fort accent annonce qu'elle vient le chercher. Il ne reste ensuite que des runes tracées au sol, la signature du Docteur Fatalis.
Troisième ajout, direction la TVA. Mobius, Ouroboros et Casey voient deux Terres entrer en collision, dont celle des X-Men de la Fox, puis dix, cent, trois mille mondes s'éteindre sur leurs écrans. Ouroboros comprend que le multivers est en train de s'effondrer. Enfin, tout au bout du générique, les coups de marteau qui saluaient Tony Stark depuis 2019 résonnent toujours, mais la main qui forge tient désormais le masque de Fatalis, rôle que Robert Downey Jr. tient dans Doomsday. Mis bout à bout, ces ajouts racontent une vraie histoire : le retour de Steve dans le passé aurait-il fissuré le temps ? Loki a-t-il quitté son poste pour venir le sauver ? On ne sait pas, et c'est exactement le but. Pour une fois, les scènes post-génériques ne sont pas de simples clins d'œil : elles posent les fondations du prochain film.
C'est une poignée de main entre Endgame et Doomsday.
Joe Russo, à AlloCiné
Le vrai bémol : la TVA réservée à l'IMAX
Il y a pourtant un point qui nous reste en travers de la gorge. La scène de la TVA n'est projetée que dans les salles IMAX et dans celles certifiées Infinity Vision, le nouveau label premium de Disney. L'info tenait en une ligne du communiqué du 25 août, et beaucoup de spectateurs ne l'ont découvert qu'en sortant, comme le racontait Kotaku aux États-Unis. En France, 66 cinémas portaient le label à la sortie, chez UGC, CGR, Cinéville et Véo. Pathé, qui exploite l'essentiel des salles Dolby Cinema du pays, n'y figurait pas. Résultat : Disney pousse le public vers un seul type de salle, alors que le Dolby Cinema ou la 4DX offrent une expérience tout aussi forte, et leurs spectateurs sont pour la plupart passés à côté de la scène qui montre l'effondrement du multivers. Pas de rattrapage en vue non plus : les Russo ne prévoient pas de proposer cette version ailleurs que dans ces séances.
Pourquoi 9,5, et un pari commercial gagné
Sur le fond, le calcul de Disney est limpide : faire payer une place de cinéma pour ce qui ressemble à une bande-annonce géante de Doomsday. Et le public a dit oui. Selon Deadline, la ressortie a encaissé 86 millions de dollars dans le monde sur son premier week-end, le deuxième meilleur démarrage mondial pour une ressortie, derrière Titanic 3D. Endgame grimpe ainsi à 2,885 milliards de dollars et revient à moins de 40 millions d'Avatar, recordman absolu du box-office. En France, le film s'offre environ 230 000 entrées en première semaine selon les estimations, troisième du classement, pour un cumul historique de 7,17 millions de spectateurs.
Notre note, elle, récompense d'abord le film : un des deux meilleurs du MCU, qui frôle le 10. Les scènes inédites ajoutent une vraie promesse, maligne dans sa façon de relire la fin de Steve et l'héritage de Tony. Le demi-point manquant, c'est cette scène de la TVA réservée à l'IMAX et à l'Infinity Vision, au détriment des autres salles premium. Il te reste jusqu'au début du mois d'octobre pour le revoir : si tu veux les quatre ajouts, vérifie le logo IMAX ou Infinity Vision avant de réserver. Et bloque le 16 décembre, date de sortie d'Avengers : Doomsday en France.