The Strokes reviennent avec Reality Awaits, produit par Rick Rubin, et ça divise
Le septième album du groupe est sorti le 24 juillet après un report d'un mois. La presse salue l'audace mais bute sur l'autotune omniprésent de Julian Casablancas.
Par Myriam Aït, le 26 juillet 2026. Catégorie : Musique.
Relance Is This It aujourd'hui. Vingt-cinq ans après, ça tient encore debout : une batterie sèche, deux guitares qui se répondent, une voix enregistrée comme si elle sortait d'un ampli fatigué. Tout l'inverse de ce que tu entends sur Reality Awaits, sorti vendredi 24 juillet. Sur le nouveau disque, la voix de Julian Casablancas passe par des couches d'autotune et de vocodeur au point qu'on ne sait plus toujours si c'est lui qui chante.
C'est leur septième album, le premier depuis six ans. Neuf titres enregistrés avec Rick Rubin au Costa Rica, une sortie repoussée d'un mois, et un premier single, « Going Shopping », dont l'absurdité estivale a immédiatement partagé les fans. La presse anglo-saxonne, elle, n'arrive pas à trancher : très bonnes notes chez NME et The Guardian, accueil plus tiède ailleurs. Consequence, qui met un B+, résume l'impression générale d'un disque qui refuse de plaire.
Reality Awaits est un trajet toujours intéressant, et constamment gratifiant.
Consequence
Le point de friction, c'est la voix
Toutes les critiques, même les plus favorables, s'arrêtent au même endroit : le traitement vocal. Casablancas a toujours joué avec le filtre, dès les premiers disques où sa voix passait par un ampli guitare. Sauf qu'ici le procédé n'est plus une texture, c'est un parti pris central, et il éloigne le groupe de l'immédiateté qui a fait son nom. Rick Rubin, connu pour dépouiller les artistes jusqu'à l'os, semble avoir fait exactement l'inverse : il les a laissés partir loin.
Une semaine de sorties chargée
Le disque arrive un vendredi encombré, entre Tyla, Charli XCX dont on te parlait pour sa tournée à 20 dollars, Shania Twain et Willow. Et dans le même mois, les Rolling Stones ont placé Foreign Tongues à la septième place du Billboard 200. Deux groupes historiques, deux façons opposées de gérer l'héritage : les Stones assument le geste patrimonial, les Strokes préfèrent perdre du monde en route.
Reste une question que le disque pose sans y répondre, et qui vaut pour n'importe quel groupe culte : à quel moment a-t-on le droit de décevoir ceux qui vous ont fait exister ? Le meilleur test, c'est la scène. Si les titres de Reality Awaits tiennent en live sans l'artillerie de studio, l'album aura gagné son pari. Sinon, il restera cette curiosité qu'on ressort une fois par an.