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The Odyssey signe le meilleur deuxième week-end de la carrière de Nolan

87 millions de dollars en trois jours pour sa deuxième sortie américaine, soit une chute de seulement 27 %. À 652 millions dans le monde, l'adaptation d'Homère file vers le club du milliard.

Par Fred Ferrer, le 27 juillet 2026. Catégorie : Cinéma.

Dimanche soir, dans l'une des 41 salles IMAX 70 mm qui projettent The Odyssey sur toute la planète. La séance affiche complet. Celle de lundi aussi. Celle de la semaine prochaine également. Sur ces 41 écrans, la plupart sont vendus jusqu'en septembre. Le film est sorti il y a douze jours.

Le chiffre qui va avec : 87 millions de dollars encaissés sur le deuxième week-end nord-américain, dans 3 943 salles. Variety, avec les résultats consolidés, monte même à 90 millions. C'est le meilleur deuxième week-end de toute la carrière de Christopher Nolan, devant les 75,1 millions de The Dark Knight en 2008. C'est aussi le deuxième meilleur de l'histoire pour un film classé R aux États-Unis, derrière Deadpool & Wolverine. Après deux week-ends, le compteur affiche 289 millions en Amérique du Nord et 652 millions dans le monde.

Une chute de 27 %, et c'est là que tout se joue

Le chiffre brut impressionne, mais ce n'est pas lui qui compte. Ce qui compte, c'est l'écart avec l'ouverture. The Odyssey avait démarré à 123,5 millions. Il en fait 87 la semaine suivante, soit une baisse de 27 %. Un blockbuster qui ouvre au-dessus de 100 millions perd habituellement la moitié de son public, voire davantage, sur son deuxième week-end. La raison est simple : le premier week-end mesure l'efficacité de la campagne marketing, le deuxième mesure ce que les gens se disent en sortant de la salle. Le marketing s'épuise en sept jours. Le bouche-à-oreille, non.

Pour The Odyssey, c'est un marathon, pas un sprint.

Paul Dergarabedian, analyste chez Rentrak

Un pari que personne d'autre n'aurait fait financer

Rappelons ce qu'est cet objet : une adaptation d'un poème grec de trois mille ans, sans franchise, sans univers étendu, sans suite prévue, tournée en IMAX 70 mm avec Matt Damon, Tom Holland et Anne Hathaway, pour un budget de blockbuster. À peu près l'inverse de ce que le marché finance en 2026. Quand on te racontait le trailer noyé sous les pouces rouges en début d'année, la question qui revenait partout était de savoir si le public suivrait un Nolan sans concept high-concept à vendre en une phrase. La réponse est arrivée en deux temps : l'ouverture à 123,5 millions, puis ce deuxième week-end qui refuse de s'effondrer.

Matt Damon, Christopher Nolan et Anne Hathaway à l'avant-première de The Odyssey
Matt Damon, Christopher Nolan et Anne Hathaway à l'avant-première de The Odyssey (© Fortune)

Le milliard est désormais une question de calendrier

652 millions après douze jours, avec une courbe qui s'aplatit au lieu de plonger : le milliard n'est plus une hypothèse optimiste, c'est un délai. L'IMAX pèse lourd dans le calcul, avec 48 millions rien que sur ce week-end à l'échelle mondiale. Et les 41 salles 70 mm, celles qui projettent le format que Nolan défend depuis quinze ans, ont rapporté 5,2 millions à elles seules. Rapporté au nombre d'écrans, c'est un rendement que personne d'autre n'obtient. La plupart de ces séances sont réservées jusqu'à l'automne, ce qui veut dire que le film garde une réserve de recettes fermée d'avance pendant deux mois.

La bande-annonce officielle VF de L'Odyssée, sortie en salles le 15 juillet. (source : Universal Pictures France)

Le vrai test arrive maintenant. Août est un mois creux côté sorties américaines, ce qui laisse au film un boulevard pendant trois ou quatre semaines avant l'arrivée des blockbusters de rentrée. Si la chute reste sous les 40 % sur le troisième week-end, on peut commencer à regarder du côté des records de longévité plutôt que des records d'ouverture. Et pour ceux qui hésitent encore : les places IMAX 70 mm se réservent des semaines à l'avance, mais des créneaux se libèrent régulièrement en semaine, en début d'après-midi. C'est là qu'il faut regarder.