Silent Hill Townfall : les tests tombent, 81 sur Metacritic
Le nouveau Silent Hill de Konami convainc par son ambiance et sa bande-son, mais reste en dessous de Silent Hill f et du remake de Silent Hill 2.
Par Camille D., le 24 septembre 2026. Catégorie : Gaming.
Le brouillard est si épais que tu ne vois plus le bout de la rue. Au pied d'un monument couvert de pancartes, un petit écran cathodique grésille dans ta main. Le grésillement s'intensifie. Quelque chose approche, et tu ne sais pas encore de quel côté. Bienvenue à St. Amelia, village côtier écossais de 1996 et décor de Silent Hill: Townfall, sorti ce jeudi 24 septembre sur PS5 et PC. Les tests sont tombés dans la foulée, et le verdict est net : 81 sur Metacritic, sur les deux plateformes. Une bonne note, qui place pourtant le jeu un cran sous les deux derniers épisodes de la série.
Pour rappel, le jeu est développé par Screen Burn, le studio écossais anciennement connu sous le nom de No Code, et coédité par Konami et Annapurna Interactive. Jon McKellan le réalise et l'écrit, Motoi Okamoto le produit. Tu y incarnes Simon Ordell, un Américain qui se réveille dans l'eau à St. Amelia, un village inspiré de St Monans, dans le Fife. Jovan Adepo lui prête sa voix, et Terry O'Quinn, l'inoubliable John Locke de Lost, fait partie de la distribution. En juin, on te présentait le jeu dans notre article sur le duel d'horreur du 24 septembre, puisque Townfall partage sa date de sortie avec Control Resonant, qui a obtenu de son côté un 84.
Ce que la presse salue
L'ambiance fait l'unanimité ou presque. La vue à la première personne colle bien à l'horreur psychologique, et le village écossais, avec ses ruelles humides et son brouillard permanent, installe un malaise durable. La grande idée du jeu, c'est le CRTV, un petit téléviseur portable qui remplace la radio des anciens Silent Hill. Tu le règles pour capter des indices et de courtes séquences vidéo qui éclairent l'intrigue, mais il sert surtout à repérer les ennemis proches. Les énigmes et la bande-son sont régulièrement citées parmi les points forts. Sur OpenCritic, la moyenne des critiques les plus suivies atteint 82, un cran au-dessus de Metacritic. Plusieurs testeurs soulignent aussi que le jeu fait le choix d'un Silent Hill plus classique dans ses intentions, tout en adoptant les codes de l'horreur moderne, un équilibre qui n'était pas gagné pour un studio habitué aux expériences narratives courtes. Digital Spy va jusqu'à lui donner la note maximale, TheGamer s'arrête à 3,5 sur 5 et Push Square à 7 sur 10, ce dernier parlant d'une horreur « au format court », volontairement datée, dans le bon sens du terme.
Ce qui coince
Le reproche qui revient le plus souvent, c'est l'infiltration. Townfall mise beaucoup dessus, et une partie de la presse la trouve frustrante, au point que VGC titre sur une horreur remarquable gâchée par des phases d'infiltration exaspérantes. Plusieurs tests pointent aussi un bestiaire trop limité et une histoire qu'on voit venir. Rien de rédhibitoire, mais assez pour expliquer l'écart avec les deux précédents épisodes. Le remake de Silent Hill 2 et Silent Hill f affichent tous deux 86 sur Metacritic. Avant la sortie, Motoi Okamoto se disait pourtant confiant, allant jusqu'à imaginer que Townfall puisse devenir le chef-d'œuvre de cette renaissance. Ce ne sera pas le cas, mais la série reste sur une trajectoire solide, avec trois jeux très différents qui tiennent tous au-dessus de 80.
Il faut aussi replacer Townfall dans la stratégie de Konami. Après des années de silence, l'éditeur a relancé Silent Hill en confiant chaque projet à un studio différent : Bloober Team pour le remake de Silent Hill 2 en 2024, NeoBards pour Silent Hill f en 2025, Screen Burn pour Townfall cette année, et Bloober Team de nouveau pour le remake du tout premier Silent Hill, déjà annoncé. Ce choix donne à chaque épisode une identité propre, le Japon des années 60 pour f, un village écossais des années 90 ici, mais il rend aussi la qualité plus inégale d'un jeu à l'autre. Townfall reste le plus modeste des trois récents, plus court et plus expérimental, avec un Simon Ordell qui peut se battre au corps à corps ou choisir la discrétion, une infirmière, Zoe Ellis, jouée par Kezia Burrows, et un Richard Shaw campé par Terry O'Quinn. La licence n'est plus en danger, c'est déjà une petite victoire.
Alors, faut-il craquer maintenant ? Si tu as aimé Observation ou Stories Untold, les précédents jeux du studio, ou si l'horreur lente et atmosphérique te parle davantage que l'action, fonce sans attendre : Townfall t'offrira exactement ce que tu cherches, pour 49,99 euros sur Steam. Si tu redoutes les séquences d'infiltration où une seule erreur te renvoie au dernier point de sauvegarde, rien ne presse. Entre Control Resonant, sorti le même jour, et les grosses sorties qui s'annoncent d'ici la fin de l'année, ton temps de jeu sera très disputé cet automne, et une promotion finira bien par passer par St. Amelia, brouillard compris.
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