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Coyote vs. Acme, le film que Warner voulait enterrer, montre son trailer final

Rayé de la carte pour une déduction fiscale, racheté par un petit distributeur, le procès de Vil Coyote contre Acme débarque au Comic-Con avec sa dernière bande-annonce. Sortie mondiale le 28 août.

Par Fred Ferrer, le 27 juillet 2026. Catégorie : Cinéma.

Imagine que tu passes trois ans sur un projet, que tu le termines, que tu le montres à un public test qui adore, et qu'on t'annonce ensuite qu'il ne sortira jamais parce qu'il vaut plus cher en perte comptable qu'en salle. C'est très exactement ce qui est arrivé à Coyote vs. Acme fin 2023, quand Warner Bros. Discovery a décidé de l'effacer de son catalogue pour une déduction fiscale.

Deux ans et demi plus tard, la bande-annonce finale du film a été diffusée juste avant sa projection publique au San Diego Comic-Con 2026. On y retrouve le principe du film : Vil Coyote attaque la société Acme en justice après des décennies de gadgets défectueux, avec John Cena en avocat, et un mélange de prises de vues réelles et d'animation qui reprend la grammaire cartoon de Chuck Jones sans la caricaturer. La sortie mondiale est calée au 28 août 2026.

50 millions pour racheter un film déjà payé

Entre les deux, il s'est passé une bataille publique inhabituelle. Le réalisateur, les scénaristes, les artistes et une bonne partie du public ont refusé de laisser l'affaire s'éteindre. Warner a d'abord rejeté plusieurs offres de rachat, avant de céder en mars 2025 : Ketchup Entertainment, un distributeur indépendant que personne n'avait sur son radar, a récupéré les droits mondiaux pour environ 50 millions de dollars. Le studio a donc encaissé deux fois sur le même objet, une fois en avantage fiscal, une fois à la revente.

Derrière la déduction fiscale, un générique entier

C'est le point qu'on oublie quand l'histoire est racontée en langage financier. Un film effacé, ce n'est pas une ligne dans un tableau, c'est plusieurs centaines de personnes dont le travail de trois ans devient invisible du jour au lendemain : animateurs, monteuses, ingénieurs du son, chefs décorateurs, comédiens. Pour beaucoup d'entre eux, un film sorti est aussi un argument professionnel pour le suivant, et un film effacé est un trou dans un CV. La question n'est pas de savoir si la manœuvre était légale, elle l'était. Elle est de savoir qui décide qu'une œuvre terminée n'a plus le droit d'exister, et sur quels critères. On posait déjà la même question en couvrant les vagues de licenciements chez Xbox et le rachat d'EA à 55 milliards : dans les deux cas, le raisonnement comptable arrive en premier et les gens en dernier.

Reste le film lui-même, qui n'a rien demandé à personne et qui a l'air très drôle. Rendez-vous le 28 août en salles, avec une curiosité supplémentaire : si Coyote vs. Acme fait un score correct au box-office, ça devient un argument concret contre la prochaine œuvre qu'un studio voudra effacer. Un film qui sort n'est pas seulement un film qui sort, dans ce cas précis c'est une pièce à conviction.