Control Resonant : 84 sur Metacritic, Remedy signe une suite plus folle et plus clivante
Les tests sont tombés : la suite de Control fait mieux que l'original chez la presse, portée par un Manhattan qui se plie dans tous les sens. Mais le virage vers le corps-à-corps de Dylan Faden et son arme, l'Aberrant, divise. Sortie le 24 septembre, dès le 22 pour l'édition Deluxe sur PS5.
Par Sarah L., le 22 septembre 2026. Catégorie : Gaming.
Un taxi jaune retourné sur la chaussée, des immeubles de Manhattan qui se replient au-dessus de ta tête comme les pages d'un livre qu'on referme, et une silhouette en manteau qui se tient debout sur le toit d'une voiture, une arme qui n'arrête pas de changer de forme à la main. Elle est lame une seconde, marteau la suivante. En bas, une foule de silhouettes rougeoyantes avance sans bruit. C'est la première image que Remedy a choisie pour vendre Control Resonant, et c'est aussi, à peu de choses près, le résumé de ce que la presse a écrit depuis la levée de l'embargo, le 18 septembre : un monde renversant, un héros qui cogne beaucoup, et une question qui revient d'un test à l'autre, celle de savoir si cogner autant était une bonne idée.
Les chiffres d'abord. Sur Metacritic, la version PS5 affiche 84 sur une soixantaine de critiques, la version PC 83 et la version Xbox Series 81. C'est au-dessus du premier Control, sorti en 2019, qui tournait autour de 82 sur PS4. Pour situer, le Marvel's Wolverine d'Insomniac, dont on te racontait la semaine dernière qu'il plafonnait à 78, le plus bas score du studio depuis dix ans, se retrouve quelques marches en dessous. Resonant ne rejoint pas pour autant le club très fermé des jeux les mieux notés de 2026, où trônent Resident Evil Requiem et Pokémon Pokopia. Il se place dans cette zone confortable du « très bon jeu avec des réserves », et le détail des notes raconte une presse franchement coupée en deux sur certains points.
Ce que la presse adore
Le point qui met tout le monde d'accord, c'est le monde lui-même. Remedy a quitté l'Ancienne Maison, le gratte-ciel brutaliste et infini du premier jeu, pour lâcher son héros dans un Manhattan envahi par une force venue d'ailleurs, la Résonance, qui tord les rues, soulève les blocs d'immeubles et plie la ville sur elle-même. Le moteur maison Northlight, déjà derrière Alan Wake 2, fait le reste. Les tests saluent unanimement la direction artistique et, surtout, le level design vertical : Dylan peut courir sur les murs et les plafonds, enchaîner les toits, basculer d'un pan de ville à l'autre. ActuGaming, dans sa revue des premiers tests, relève d'ailleurs que plusieurs rédactions ont pensé à Gravity Rush devant cette façon de marcher à l'envers. JVFrance, qui donne 90 sur 100, parle d'un level design complètement renversé et d'une vraie réussite du passage à un monde plus ouvert, avec de grandes zones à explorer et des quêtes annexes.
L'autre surprise, c'est Dylan Faden. Dans le premier Control, il était le frère enfermé de Jesse, un type inquiétant qu'on croisait derrière une vitre, drogué et à moitié fou. Le voilà héros, libéré de la captivité du Bureau fédéral de contrôle pour affronter l'entité qui a envahi New York, tout en cherchant sa sœur disparue. Plusieurs tests jugent le personnage remarquablement écrit, un protagoniste abîmé qui cherche une forme de rédemption. Le PlayStation Blog insiste aussi sur la galerie de marginaux qui l'entourent, des personnages rejetés par la société, et Remedy a eu la bonne idée d'ouvrir le jeu sur un résumé raconté par Jesse elle-même : tu peux lancer Resonant sans avoir touché au premier. Côté récompenses, les notes hautes pleuvent : 10 sur 10 chez VGC, 9 chez GameSpot et chez IGN France, 8 chez IGN, Push Square et Gamekult.
Et puis il y a l'étrangeté, cette marque de fabrique que Remedy cultive depuis Max Payne. Le PlayStation Blog, qui a pu jouer à la version finale, promet des failles dimensionnelles, des pouvoirs à explorer et même un pique-nique pour chats, ce qui en dit long sur le ton du jeu : l'horreur y côtoie l'absurde sans jamais prévenir. La presse retrouve cet humour pince-sans-rire qui faisait le sel des mémos internes du Bureau, ces documents administratifs délirants qu'on ramassait dans le premier jeu. Sur ce terrain-là, Resonant ne déçoit personne. C'est d'ailleurs ce qui explique l'écart entre les notes : ceux qui jouent à Remedy pour l'univers ressortent comblés, ceux qui attendaient un jeu d'action irréprochable de bout en bout restent sur leur faim.

Ce qui coince : le marteau et la vingtième heure
Le grand changement de Resonant, c'est son rapport au combat. Jesse tirait avec l'Arme de service et soulevait des bureaux par la pensée. Dylan, lui, se bat au contact avec l'Aberrant, une arme vivante qui se transforme et prend plusieurs formes selon ta progression, avec des arbres de talents, des statistiques et des pouvoirs qui se débloquent au fil de l'aventure. Remedy parle désormais d'un jeu d'action-RPG, et c'est précisément là que les avis se séparent. Eurogamer et GamesRadar ne donnent que 3 sur 5. Le reproche qui revient le plus souvent n'est pas que les combats soient mauvais : ils sont nerveux, lisibles, souvent spectaculaires. C'est qu'ils finissent par tourner en rond. Push Square note que les améliorations de compétences se tarissent pendant que les barres de vie des ennemis grimpent, ce qui rend la seconde moitié de l'aventure fastidieuse. Un autre testeur résume le problème d'une formule cruelle : des combats frais à la deuxième heure, presque identiques à la vingtième.
Remedy a construit la ville la plus folle de l'année, puis a demandé à son héros d'y taper sur les mêmes monstres pendant trente heures.
CTRL-POP
Même JVFrance, pourtant très enthousiaste, pointe un bestiaire trop limité qui finit par gâcher le plaisir de l'exploration, et plusieurs rédactions trouvent que les ennemis recyclés s'accumulent sur la fin. D'autres réserves, plus personnelles, reviennent : un récit qui marque moins que celui de 2019, moins de liens que prévu avec le reste de l'univers connecté de Remedy, pas de moment musical aussi mémorable que le labyrinthe du Cendrier dans le premier jeu. Et pour toi qui joues en français, un détail qui compte : JVFrance juge que le doublage français ne rend pas toute la profondeur émotionnelle des personnages. Si tu comprends l'anglais, la version originale semble être le meilleur choix. Côté durée, compte entre 25 et 40 heures pour l'histoire selon ton rythme, et autour de 50 heures si tu veux tout nettoyer.
Pourquoi Remedy a pris ce risque
Pour comprendre ce virage, il faut regarder le studio. Control en 2019, puis Alan Wake 2 en 2023, ont installé Remedy comme la maison de l'étrange, adorée de la critique mais longtemps fragile commercialement. Le studio finlandais a ensuite essuyé l'échec de FBC: Firebreak, son jeu de tir coopératif dans l'univers de Control. Resonant, dirigé par Mikael Kasurinen, déjà aux commandes du premier épisode, est donc un pari de taille, avec un budget estimé à une cinquantaine de millions d'euros, et un jeu pensé pour parler à un public plus large : plus de mouvement, plus d'action, une progression de RPG qui donne envie de relancer une partie. Ce choix a un prix, et la presse le nomme : un peu de la retenue et du mystère qui faisaient le charme du premier. Mais il a aussi un avantage, que les tests reconnaissent : Resonant ne ressemble à rien d'autre sur le marché. Dans une rentrée où beaucoup de gros jeux jouent la sécurité, c'est une qualité rare.
Le trailer de lancement de Control Resonant, sur My Favourite Game des Cardigans. (source : PlayStation)
Deluxe ou pas : les infos pratiques
Control Resonant sort le jeudi 24 septembre sur PS5, Xbox Series X|S et PC, via Steam et l'Epic Games Store, avec une version Mac prévue plus tard et des éditions physiques repoussées au 15 octobre. L'édition Deluxe numérique coûte dix dollars de plus que l'édition standard et comprend, en plus d'une tenue, d'une artbook numérique et de la bande originale, un accès anticipé de 48 heures qui démarre ce mardi 22 septembre. Attention, cet accès n'existe que sur PS5 : sur Xbox et PC, tout le monde part le 24. Autre point à noter, le jeu arrive le même jour que Silent Hill Townfall, comme on te l'expliquait dès juin, et Konami récolte lui aussi des tests plutôt favorables. Deux jeux d'horreur étrange le même jeudi, ça fait beaucoup pour un seul portefeuille. Si ta machine est trop juste pour le moteur de Remedy, sache enfin que le jeu est jouable via GeForce Now dès sa sortie, ce qui permet de profiter du ray tracing sans changer de carte graphique. Et si tu tiens à la boîte, il faudra patienter trois semaines de plus que les joueurs en numérique.
Alors, faut-il y aller ? Si le premier Control t'avait scotché pour son ambiance et son écriture plus que pour ses combats, Resonant risque de te donner à la fois ce que tu aimes et ce qui t'agace, et attendre une première promo ne serait pas une erreur. Si tu cherches un jeu d'action qui ne ressemble à aucun autre et que la répétition ne te fait pas peur, les dix dollars de la Deluxe t'offrent deux soirées d'avance sur tout le monde, et ce soir, déjà, la ville se plie.
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