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Scary Movie : le retour des Wayans qui a mal vieilli avant même de sortir

Vingt-six ans après le premier film, les Wayans rallument la machine à parodies avec Anna Faris et Regina Hall. On y est allés bon public, prêts à rire de tout. On est ressortis gênés.

Testé par Neva Vidal, le 22 juillet 2026. Note : 2/10.

Verdict : Une comédie parodique qui ressort l'humour d'il y a vingt ans sans se demander s'il fait encore rire. Belle image, vrais plans soignés, et c'est tout ce qu'on sauve. Pour un budget de 30 millions de dollars, c'était 30 millions de trop.

Tu t'installes dans ton fauteuil avec la meilleure volonté du monde. Un nouveau Scary Movie, les Wayans de retour à l'écriture pour la première fois depuis le deuxième film, Anna Faris et Regina Hall qui rempilent : sur le papier, c'est le genre de séance qu'on prend comme un plaisir coupable assumé. On sait pourquoi on vient. Pas pour un scénario, pas pour une morale, juste pour rire bêtement pendant une heure et demie. Et c'est exactement là que le film échoue : même en étant bon public, même en riant volontiers à de l'humour pipi-caca, on ne rit pas.

Le constat qui fait le plus mal, c'est celui-là : ce film vient de sortir et il a déjà mal vieilli. Il reprend l'énergie des anciens Scary Movie, leur rythme, leur logique de mitraillette à gags, sauf que cet humour-là est daté. À la rédaction, ceux qui ont vu tous les anciens films sont unanimes : déjà à l'époque, environ une blague sur cinq arrachait un léger rire ou un sourire, le reste tombait à plat. Ici, la proportion est la même, mais en 2026 ce qui tombait à plat devient carrément gênant. Dans notre salle, une ou deux personnes riaient. Le reste du public était silencieux, parfois visiblement mal à l'aise.

Taper sur tout le monde, vraiment ?

Le film se présente comme une satire qui tape sur tout le monde. Dans les faits, il insiste lourdement sur les mêmes cibles : le wokisme, les personnes transgenres, le féminisme. Blagues sur les pronoms, blagues sur le genre, recyclées et étirées jusqu'à l'usure. Le problème n'est pas d'oser : une bonne satire peut rire de tout. Le problème, c'est que ces vannes ne sont pas drôles, et que certaines, notamment sur le sexisme, basculent de « pas drôle » à presque méchant. On sent davantage la volonté de blesser que celle de faire rire, et dans une comédie parodique, c'est un défaut de dosage fatal. C'est mal jaugé, tout simplement.

Il faut le dire clairement, parce que c'est le cœur du problème : on est en 2026, et les blagues d'il y a vingt ans ne passent plus. Elles ne passaient déjà pas vraiment à l'époque, mais aujourd'hui on a conscience que ça blesse, et surtout que c'est gênant parce que ce n'est pas drôle. Personne n'aurait l'idée aujourd'hui de se moquer de quelqu'un parce qu'il est noir en trouvant ça hilarant. C'est exactement le même principe pour les femmes, les personnes trans, les personnes LGBT. Ce n'est pas une question de finesse, le film assume son what-the-fuck permanent et on le lui accorde volontiers. C'est une question d'époque, et le film a vingt ans de retard sur la sienne.

Les deux points qui sauvent la note

Alors pourquoi 2 et pas 0 ? Parce que visuellement, le film est propre. Les plans sont travaillés, la caméra sait ce qu'elle fait, la colorimétrie est jolie. C'est même un peu cruel : la technique est là, au service de rien. Et c'est bien le paradoxe de ce budget de 30 millions de dollars, que la critique américaine n'a d'ailleurs pas épargné (23 % sur Rotten Tomatoes) : c'était 30 millions de trop. Ce film n'avait même pas besoin d'exister en salle. Une sortie et un tournage un peu inutiles, pour un résultat qu'on oubliera vite. Notre conseil : garde tes places de ciné pour autre chose, et si la nostalgie te démange, les anciens sont toujours là. Eux, au moins, ont l'excuse de leur époque.

La bande-annonce finale officielle du Scary Movie de 2026 (source : Paramount Pictures)