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Spider-Man : Brand New Day, le meilleur Spider-Man jamais tourné

Quatre ans après No Way Home, Peter Parker est seul, fauché, oublié de tous. Destin Daniel Cretton en tire le film le plus intime et le plus adulte de la saga, et Tom Holland livre la performance de sa vie.

Testé par Neva Vidal, le 2 septembre 2026. Note : 9/10.

Verdict : Le Spider-Man qu'on attendait depuis vingt ans : intime, ancré, adulte, et pourtant généreux en action. Tom Holland n'a jamais été aussi bon. Un quart d'heure de trop et un plan de méchant un peu flou, mais on chipote : c'est le meilleur film de la saga.

Spider-Man : Brand New Day, le meilleur Spider-Man jamais tourné

Tu te souviens du dernier plan de No Way Home ? Peter Parker, seul dans un appartement vide, effacé de la mémoire de tous ceux qu'il aimait. Brand New Day reprend exactement là, quatre ans plus tard. Peter a un boulot minable, un loyer en retard, un costume qu'il recoud lui-même, et une ville qui ne sait même plus qui il est. Pas d'Avengers en renfort, pas de technologie Stark. Un mec de Queens qui fait le job la nuit et qui rentre dormir trois heures. C'est le point de départ, et c'est déjà la meilleure idée du film.

Marvel a confié le film à Destin Daniel Cretton, le réalisateur de Shang-Chi, et le choix se comprend dès les dix premières minutes. Cretton filme la solitude à hauteur d'épaule, sans esbroufe, avec une lumière de jour franche signée Brett Pawlak qui tranche avec les nuits numériques habituelles du MCU. Le titre n'est pas décoratif non plus : Brand New Day, c'est l'arc des comics de 2008 où Peter repart de zéro, fauché et célibataire. Le film en garde l'esprit sans le recopier. On retrouve un Spider-Man de quartier, celui des comics, celui qu'on n'avait jamais vraiment eu en salle.

Tom Holland, L'Odyssée en héritage

Parlons de ce qui nous a le plus frappés : Tom Holland a changé. Son Peter Parker porte le silence, la fatigue, la culpabilité, sans jamais en rajouter. Ce n'est plus le gamin émerveillé que Tony Stark recrutait dans Civil War, c'est un homme qui a tout perdu et qui continue quand même. On a la conviction que son rôle de Télémaque dans L'Odyssée de Nolan, tourné juste avant, a nourri ce jeu : plus intérieur, plus profond, nettement plus intéressant qu'avant. La critique américaine ne dit pas autre chose, The Hollywood Reporter résume ça en deux mots : « never better ». Chez nous, on va plus loin. C'est la meilleure incarnation de Peter Parker au cinéma, toutes époques confondues.

Autour de lui, le casting fait le travail. Sadie Sink débarque dans le MCU en Jean Grey, une télépathe qui cherche sa sœur disparue, et c'est un casting inspiré : elle apporte une fragilité qui répond à celle de Peter. Jon Bernthal reprend son Punisher avec une brutalité sèche et un sens comique qu'on ne lui connaissait pas, le duo avec Holland vaut le déplacement à lui seul. Mark Ruffalo passe en Hulk pour quelques scènes bien senties. Et Zendaya, en MJ qui ne reconnaît pas l'homme qui l'a aimée, offre les moments les plus douloureux du film.

De l'action qu'on sent dans les côtes

Côté action, Cretton a fait le pari du concret : décors construits, cascades au câble, combats chorégraphiés qu'on lit du début à la fin. On sent le poids des corps, les chutes, les impacts. C'est du Raimi dans l'énergie, avec la lisibilité d'un film d'arts martiaux. Le film prend aussi au sérieux ce que veut dire être une araignée : les pouvoirs de Peter évoluent au fil du récit, et cette idée, qu'on ne détaillera pas, donne au film une dimension presque organique qu'aucun Spider-Man n'avait osée.

Certainement le meilleur Spider-Man de l'ère Tom Holland.

Écran Large

Ce qui nous a fait tiquer

Soyons honnêtes sur les défauts. 2 h 25, c'est un bon quart d'heure de trop : le deuxième acte s'attarde sur le passé de l'antagoniste au détriment des relations qui font battre le cœur du film. Le plan du méchant, autour d'expérimentations gouvernementales sur des personnes dotées de pouvoirs, ne tient pas vraiment debout quand on y repense sur le trottoir. Et le dernier acte se raccroche au grand MCU alors que le film avait justement prouvé qu'il pouvait vivre sans. Rien de rédhibitoire, mais c'est ce qui sépare un 9 d'un 10.

Pourquoi 9, et pourquoi tout le monde y va

Les chiffres donnent le vertige : 360 millions de dollars sur son premier week-end américain, le record absolu devant Avengers : Endgame, 932 millions dans le monde sur le même week-end, la barre des 2 milliards franchie en trois semaines, et 2,34 milliards fin août, ce qui en fait le troisième plus gros succès de l'histoire du cinéma. En France, 3,24 millions d'entrées la première semaine, le meilleur démarrage depuis Le Roi Lion en 2019, et près de 7 millions de spectateurs à l'heure où on écrit. La critique suit, plus mesurée : 90 % sur Rotten Tomatoes, 70 sur Metacritic.

Mais notre note ne vient pas des chiffres. Elle vient d'un film qui, pour la première fois dans cette saga, fait confiance à son personnage plutôt qu'à son univers. Un Peter Parker adulte, un Tom Holland au sommet, une mise en scène qui respire. Pour nous, Brand New Day passe devant le Spider-Man 2 de Sam Raimi, et ce n'est pas une phrase qu'on écrit à la légère. Si tu ne l'as pas encore vu, c'est en salle, et c'est là qu'il faut le voir.

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