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Resonance : A Plague Tale Legacy, la Crète en majesté, l'épée en retrait

Quinze ans avant Innocence, Asobo troque les rats pour le Minotaure et l'infiltration pour l'épée. Le voyage de Sophia est superbe et bien rythmé, mais son combat manque de fond et son histoire de surprises.

Testé par Camille D., le 1 septembre 2026. Note : 7.5/10.

Verdict : Asobo change de formule sans perdre sa lumière : la Crète est somptueuse, les énigmes et les séquences face aux créatures sont les meilleurs moments. Mais l'épée ne porte pas l'aventure, et les rebondissements se voient venir de loin. À faire pour le voyage, pas pour l'action.

Resonance : A Plague Tale Legacy, la Crète en majesté, l'épée en retrait

A Plague Tale, c'était les rats. Des marées de rats, une fronde, une grande sœur qui protège son petit frère dans une France ravagée par la peste. Pour son troisième épisode, Asobo, le studio bordelais d'environ soixante-dix personnes, a décidé de casser sa propre formule. Resonance : A Plague Tale Legacy, sorti le 27 août sur PS5, Xbox Series et PC, et dans le Game Pass dès le premier jour, est un prequel : 1334, la Crète, quinze ans avant Innocence. On y suit Sophia, une contrebandière qui découvre son lien avec l'histoire ancienne de la Prima Macula, cette malédiction qui hante la série. Les rats passent au second plan, le Minotaure entre en scène. On a bouclé l'aventure en une grosse quinzaine d'heures, et on ressort avec un sentiment très partagé.

Commençons par ce qui nous a fait décrocher la mâchoire. La Crète d'Asobo est le plus beau décor que le studio ait jamais construit : falaises blanches, ruines minoennes envahies par les pins, mer turquoise à perte de vue, taureaux de pierre sculptés dans la montagne. Chaque panorama donne envie de poser la manette. La grande idée du jeu, c'est le double temps : Sophia bascule entre le Moyen Âge et l'époque minoenne, et ce qu'on modifie dans le passé change le présent. Les énigmes de lumière qui en découlent sont malines, jamais frustrantes, et les séquences face aux créatures, où l'on retrouve la vulnérabilité qui faisait le sel des précédents épisodes, sont les vrais sommets de l'aventure.

L'épée à la place de la fronde

Le vrai changement, c'est le combat. Pour la première fois, la série passe au corps à corps : Sophia pare, contre, achève ses adversaires d'un coup d'épée bien placé. Les premières heures, ça fonctionne, le rythme est bon, les animations propres. Puis on comprend que le système n'ira pas plus loin. Pas de vraie profondeur, peu de variété dans les ennemis, et cette fragilité qui rendait Amicia si attachante se dilue dans une héroïne qui sait se défendre. Nos confrères font le même constat : Gamergen lui donne 15/20 et juge que la saga « change de formule sans perdre sa lumière », Écran Large la trouve « plus Tomb Raider que jamais », et jeuxvideo.com parle d'un épisode « qui claque visuellement mais qui divisera ». On est exactement là.

Sophia repousse un soldat en armure d'un coup de pied dans un village crétois en ruine
Sophia repousse un soldat en armure d'un coup de pied dans un village crétois en ruine (© Asobo Studio / Focus Entertainment (Steam))

Une histoire qu'on voit venir

L'autre déception, c'est l'écriture. Resonance assume le récit d'aventure à l'ancienne, façon pulp, et c'est très bien. Le problème, c'est que ses rebondissements se voient arriver à des kilomètres, que Sophia a moins de nuances qu'Amicia, et que les personnages secondaires s'oublient sitôt le générique passé. Le dernier tiers appuie sur le drame avec une lourdeur qu'on n'attendait pas d'un studio qui avait signé la fin bouleversante de Requiem. Heureusement, le doublage est de haute tenue, et la musique d'Olivier Deriviere, une fois encore, fait des miracles : elle porte des scènes que le scénario laisse à terre.

Pourquoi 7,5

La presse est globalement bienveillante : 85 sur Metacritic pour la version PC, 83 sur Xbox, 78 sur PS5, et 82 % de recommandations sur OpenCritic. Nous, on retient un très bon jeu d'aventure, pas le chef-d'œuvre qu'on espérait après Requiem. À 49,99 €, et surtout inclus dans le Game Pass dès la sortie, Resonance vaut largement le voyage pour sa Crète, ses énigmes et ses face-à-face avec les créatures. Un mot pour finir sur la démarche d'Asobo, qui a refusé toute IA générative dans la production, jugée « une menace pour la créativité et l'authenticité ». Ça se voit à l'écran, dans chaque pierre sculptée à la main. Dommage que l'épée n'ait pas eu droit au même soin.

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