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Lanterns : la série Green Lantern joue au True Detective, et ça marche

Deux Lanterns, un cadavre dans les gradins d'un lycée du Nebraska et une enquête qui court sur dix ans. Kyle Chandler et Aaron Pierre portent la série la plus adulte du DCU de James Gunn. Après trois épisodes, on est accrochés, avec quelques réserves.

Testé par Fred Ferrer, le 30 août 2026. Note : 8/10.

Verdict : Un polar à la True Detective qui se sert des super-pouvoirs comme d'un révélateur, pas comme d'un spectacle. Chandler et Pierre sont formidables, l'écriture prend son temps, parfois trop. Si la fin tient ses promesses, on remontera la note.

Lanterns : la série Green Lantern joue au True Detective, et ça marche

Quinze ans après le Green Lantern de Ryan Reynolds, que DC aimerait bien qu'on oublie, les anneaux de pouvoir reviennent. Pas dans un blockbuster cosmique, dans un polar rural. Lanterns a démarré le 16 août sur HBO aux États-Unis, le 17 août sur HBO Max en France, à raison d'un épisode chaque lundi jusqu'au final du 5 octobre. Derrière, du lourd : Chris Mundy (Ozark), Damon Lindelof (Lost, Watchmen) et Tom King, le scénariste de comics qui a réinventé Batman et Mister Miracle. On a vu les trois épisodes disponibles à l'heure d'écrire ces lignes. Ce qui suit est donc une note d'étape, assumée comme telle.

Le pilote pose le décor en trois temps. 1996 : Hal Jordan, pilote de l'Air Force, devient le premier humain du Green Lantern Corps, et un petit garçon nommé John Stewart le regarde à la télé. 2016 : Hal, fatigué, sarcastique, débarque avec John, jeune recrue, à Rushville, Nebraska, où une fusillade pendant un match de football au lycée a fait quatre morts. La shérif Kerry Kane n'a que faire de leurs théories sur les extraterrestres, jusqu'à ce que le suspect s'avère en être un, et qu'il se fasse exploser au commissariat. En toile de fond, William Macon, notable et chef de milice, qui craint une « colonisation » venue d'ailleurs. Puis 2026 : John revient à Rushville sous la neige et trouve le cadavre gelé de Hal dans les gradins du stade, sans son anneau. Deux époques, une enquête, et un vrai frisson.

Chandler et Pierre, le duo qui tient tout

Tout repose sur ses deux acteurs, et ils sont à la hauteur. Kyle Chandler compose un Hal Jordan usé, drôle malgré lui, rongé par des insécurités qu'il cache sous l'arrogance : un mélange de colère et de tristesse, de courage et de lâcheté, que la critique américaine a résumé d'une formule, « Chandler est né pour jouer Hal Jordan ». Aaron Pierre lui répond tout en intériorité : son John Stewart encaisse, observe, ne lâche presque rien, et chaque micro-réaction pèse. Leur duo, hérissé, plein de non-dits, est le cœur battant de la série. Autour d'eux, Kelly Macdonald donne à la shérif Kane une lassitude et une humanité qui en font le troisième pilier de l'ensemble.

John Stewart (Aaron Pierre) et Hal Jordan (Kyle Chandler) assis dans les gradins du stade de Rushville
John Stewart (Aaron Pierre) et Hal Jordan (Kyle Chandler) assis dans les gradins du stade de Rushville (© HBO / DC Studios (TMDB))

Épisodes 2 et 3 : la série trouve sa forme

L'épisode 2 prend un risque malin : il prive Hal de son pouvoir dès les premières minutes, anneau à plat, et envoie John chercher la batterie à Coast City. Sur la route, il tombe sur un groupe d'extraterrestres, survivants des purges des Manhunters, qui lui donnent quarante-huit heures pour retrouver le dernier Manhunter caché à Rushville, faute de quoi ils feront sauter la ville. Et l'épisode se termine sur une cellule, et un prisonnier qu'on attendait : Sinestro. L'épisode 3, « OutKast », coupe net l'enquête pour raconter l'origine de John Stewart sous forme d'entretien avec un Gardien de l'Univers : l'anneau qui rejette son père en 1986 parce qu'il avoue avoir peur, l'enfance, la carrière de tireur d'élite chez les Marines, l'artiste sous le soldat. C'est l'épisode qui divise le plus, Den of Geek lui met 4,5 sur 5 quand Forbes le juge le plus faible. On penche nettement du côté de Den of Geek : oser un récit d'origine non linéaire à ce stade, c'est le geste d'une série qui sait où elle va.

Ce qui coince, et pourquoi 8 quand même

Les réserves sont réelles. Le rythme est lent, les dialogues expliquent parfois ce que l'image montrait déjà, et la noirceur ne se relâche jamais : pas une respiration, pas un sourire gratuit. Ceux qui viennent pour des constructions d'énergie verte et des batailles spatiales attendront, le spectacle est pour l'instant terrestre et mesuré. Sinestro, joué par Ulrich Thomsen, et le Guy Gardner de Nathan Fillion n'existent encore qu'à l'état de promesse. Mais la critique est massivement conquise, 92 % sur Rotten Tomatoes pour 110 avis, 72 sur Metacritic, et le public a suivi : 9,3 millions de spectateurs dans le monde en trois jours, le meilleur lancement d'une série DC Studios sur HBO Max. Nous aussi, on est accrochés. 8/10 après trois épisodes, et rendez-vous le 5 octobre pour ajuster la note, dans un sens ou dans l'autre.

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