Beast of Reincarnation : Game Freak sans Pokémon, un premier pas qui trébuche
Le studio de Pokémon s'attaque à l'action-RPG exigeant avec Emma, son chien Koo et un Japon de l'an 4026. Le combat à la parade est excellent, tout le reste peine à suivre. Game Freak s'est même excusé.
Testé par Jinx_XII, le 30 août 2026. Note : 6.5/10.
Verdict : Il y a un bon jeu là-dedans : un système de parade nerveux, des boss qui demandent d'apprendre, un duo Emma et Koo attachant. Mais le level design tourne en rond, le récit ne décolle jamais et les performances tanguent, même sur PS5 Pro. Game Freak promet des mises à jour ; en attendant, c'est un 6,5 sincère.
Game Freak, c'est trente ans de Pokémon. Alors quand le studio annonce un action-RPG exigeant, sans une seule créature de poche, avec des comparaisons à Sekiro et à Black Myth : Wukong, forcément, chez nous, on tend l'oreille. Beast of Reincarnation est sorti le 4 août sur PS5, Xbox Series et PC, édité par Fictions, sous Unreal Engine 5. On y incarne Emma, dix-huit ans, une Sealer dotée de pouvoirs liés au fléau qui a ravagé le Japon, accompagnée de son chien Koo, dans un archipel de l'an 4026 rendu à la nature et aux machines. Le pitch est excellent. Le jeu, lui, est un premier pas qui trébuche.
Ce qui marche, et qui marche vraiment, c'est le combat. Tout repose sur la parade : lire l'animation, frapper la fenêtre, punir. Quand ça clique, on retrouve cette sensation de duel qu'on n'a connue que chez FromSoftware. Les boss sont la grande réussite du jeu : chacun impose d'apprendre, de mourir, de recommencer, et la victoire a le goût qu'elle doit avoir. Emma manipule aussi les plantes pour se frayer un chemin, et Koo n'est pas un simple compagnon décoratif. Cette relation entre la jeune femme et son chien est la seule chose du scénario qui nous ait touchés.
Un monde qui rétrécit
Le problème commence après les premières heures. Le monde, présenté comme semi-ouvert, se referme peu à peu : les zones se ressemblent, se rétrécissent, et le level design tourne en rond. Polygon a trouvé la formule juste, « comme si l'on pouvait sentir le budget se restreindre en temps réel ». Le bestiaire recycle ses ennemis, les boss aussi par moments, et l'histoire, sur laquelle VGC pose les mots « un décor et une histoire ordinaires », ne décolle jamais. Les personnages secondaires défilent sans laisser de trace. C'est frustrant, parce que l'ambiance, ce Japon rendu aux forêts et aux robots rouillés, a une vraie patte.

Une technique en dents de scie, et des excuses
La technique n'aide pas. Sur consoles, PS5 Pro comprise, le framerate tangue, l'image souffre d'un flou persistant, et la version PC a débarqué avec un menu d'options graphiques minimal qui a valu au jeu un accueil mitigé sur Steam. Game Freak a réagi vite. Le 10 août, la mise à jour 1.0.7 a corrigé la caméra en exploration comme en combat, désactivé par défaut les cinématiques à 24 images par seconde, agrandi le texte de l'interface, permis de réassigner le bouton d'interaction, espacé les dialogues d'affinité à un par jour et rééquilibré les boss et la fenêtre de parade. Le 13 août, le réalisateur Kota Furushima a présenté ses excuses aux joueurs pour ne pas avoir offert « une expérience suffisamment agréable », en promettant de continuer le travail. On salue l'honnêteté. On note aussi qu'un jeu à 59,99 € n'aurait pas dû en avoir besoin.
Pourquoi 6,5
La presse est partagée, et les chiffres le disent : 73 sur Metacritic pour la PS5, 71 sur PC, 75 sur Xbox, et seulement 55 % de recommandations sur OpenCritic. C'est mieux que Pokémon Écarlate et Violet (71), moins bien que Légendes Pokémon : Z-A (78). Pour nous, Beast of Reincarnation est un premier pas prometteur, et un jeu qu'on aurait adoré aimer davantage. Si tu vis pour les boss et que la parade te fait vibrer, il y a de quoi t'occuper. Sinon, attends quelques mises à jour et une promo : à 59,99 € sur PS5 et 54,99 € sur Steam, le prix fort est difficile à défendre aujourd'hui.