Tyla sort A*POP et impose l'amapiano dans la pop mondiale
Quatorze titres, un mot d'ordre, le « popiano », et un accueil critique nettement plus partagé que pour son premier album. NME salue le charisme et regrette la prudence.
Par Myriam Aït, le 27 juillet 2026. Catégorie : Musique.
Il y a un son qu'on reconnaît en une seconde sur A*POP, et ce n'est pas la voix de Tyla. C'est le log drum, cette percussion basse et élastique qui donne à l'amapiano sa démarche traînante. Le genre est né au milieu des années 2010 dans les townships autour de Johannesburg et de Pretoria, sur des soirées où le tempo lent servait justement à faire durer la nuit. Dix ans plus tard, ce même son ouvre un album distribué par Epic dans le monde entier.
A*POP est sorti le 24 juillet 2026 chez FAX/Epic. Quatorze titres, avec 'Is It', 'Chanel', 'Hot Tubs' et 'She Did It Again' en featuring avec Zara Larsson parmi les morceaux qui ressortent. L'accueil est bon sans être unanime : la moyenne critique agrégée par Album of the Year s'établit à 78 sur quatre chroniques, quand le score du public tourne autour de 66 pour plus de 1 200 votes. Cet écart entre presse et auditeurs est souvent le signe d'un disque qui coche les cases sans emporter l'adhésion.
Le « popiano », un mot d'ordre et un pari
Le terme que Tyla met en avant résume son projet : greffer l'amapiano sur la structure de la pop internationale, refrains courts, production léchée, format radio. Sur la première moitié du disque, ça fonctionne très bien. Les percussions gardent leur relief, la voix reste en retrait plutôt que de tout écraser, et l'ensemble a une élégance qui manque à beaucoup de productions pop de 2026. La deuxième moitié est plus lisse, et c'est là que les critiques se séparent.
Polir ce qui marchait déjà au lieu de le pousser ailleurs.
NME, chronique de A*POP (3,5/5)
Exporter un genre local, le faire connaître ou le lisser ?
C'est la question qui traverse tout le disque, et elle ne concerne pas que Tyla. Quand un genre né dans un contexte précis devient un ingrédient de la pop mondiale, il gagne une audience et perd une partie de ce qui le rendait spécifique. Le reggaeton, l'afrobeats et la K-pop sont passés par là avant lui. Il n'y a pas de bonne réponse, et surtout pas une qui viendrait de l'extérieur : ce sont d'abord les artistes sud-africains qui vivent de l'amapiano qui ont légitimité à trancher. Ce qu'on peut noter, c'est que Tyla est l'une des rares à porter ce son à cette échelle, et qu'un album prudent à ce niveau d'exposition ferme moins de portes qu'il n'en ouvre.
Le vrai test sera la scène. On voyait avec la tournée de Charli XCX à 20 dollars la place que le live est redevenu le terrain où se joue la relation à un public, et l'amapiano est un genre fait pour durer trois heures en salle plutôt que trois minutes en playlist. Si Tyla annonce des dates européennes cet automne, c'est là qu'on saura si A*POP est un disque prudent ou juste un disque de transition, comme on se le demandait aussi pour le dernier Gracie Abrams.