Monster : Lizzie Borden, la première « monstre » de Ryan Murphy, débarque sur Netflix
Huit épisodes disponibles ce 17 septembre. Ella Beatty incarne l'accusée acquittée des meurtres à la hache de Fall River en 1892, face à Charlie Hunnam, Rebecca Hall, Vicky Krieps et Billie Lourd. Après Dahmer, les Menendez et Ed Gein, une saison qui n'a pas de coupable certain.
Par Camille D., le 17 septembre 2026. Catégorie : Streaming.
Fall River, Massachusetts, 4 août 1892, un jeudi de canicule. Vers 11 h, Lizzie Borden, 32 ans, appelle la domestique en criant que quelqu'un a tué son père. Andrew Borden gît sur le canapé du salon, le visage méconnaissable. À l'étage, on découvre sa belle-mère, Abby, tuée un peu plus tôt à coups de hache. Il n'y a pas d'effraction, pas d'arme retrouvée avec certitude, et une seule personne adulte dans la maison en dehors de la bonne. Un an plus tard, en juin 1893, un jury de douze hommes acquitte Lizzie en moins de deux heures. Et une comptine que les enfants américains chantent encore, quarante coups pour la mère, quarante et un pour le père, fait le reste. C'est ce fait divers de 134 ans que Netflix met en ligne aujourd'hui, 17 septembre, en huit épisodes, sous le titre Monster: The Lizzie Borden Story.
La première saison sans coupable établi
C'est ce qui rend cette quatrième saison différente des trois premières. Jeffrey Dahmer a avoué. Lyle et Erik Menendez ont été condamnés. Ed Gein a été interné après des aveux. Lizzie Borden, elle, a été acquittée, et personne n'a jamais été condamné pour les meurtres de Fall River. Pour une anthologie dont le titre même désigne le coupable, c'est un problème de départ que Ryan Murphy et son co-créateur Ian Brennan ont choisi de transformer en sujet. Brennan ne cache pas son opinion : il pense qu'elle l'a fait, tout en précisant que la série envisage d'autres théories. Et il assume le choix d'une femme, pour la première fois, en expliquant qu'il était temps d'enquêter sur une tueuse. Ce déplacement change tout au regard porté sur le personnage : le soupçon, en 1892, se heurtait à l'idée qu'une jeune femme de bonne famille, protestante, pieuse, puisse tenir une hache. Le jury n'a pas pu l'imaginer. La série, elle, imagine.
Nous avions vraiment le sentiment qu'il était temps d'enquêter sur une tueuse.
Ian Brennan
Ella Beatty et une distribution qui ne plaisante pas
Le pari du casting, c'est Ella Beatty, 26 ans, fille d'Annette Bening et de Warren Beatty, vue chez Murphy dans Feud: Capote vs. The Swans. Brennan explique l'avoir choisie pour son visage qu'il décrit comme une page blanche, capable de dégager une innocence totale, ce qui, pour un rôle dont toute la tension repose sur ce qu'on ne sait pas, est l'outil principal. Beatty, de son côté, dit avoir voulu être aussi précise que possible sur l'humanité de Lizzie pour aider le public à explorer ses propres questions. Autour d'elle, Charlie Hunnam joue Andrew Borden, le père autoritaire et avare, Rebecca Hall la belle-mère Abby, Billie Lourd la sœur aînée Emma, et Vicky Krieps la domestique irlandaise Bridget Sullivan, que la famille appelle Maggie sans se soucier de son vrai prénom. Jessica Barden incarne Nance O'Neil, l'actrice dont Lizzie fut proche après le procès. Et Sarah Paulson apparaît en Aileen Wuornos, un rôle qui ressemble fort à une porte ouverte vers une saison future. La réalisation est confiée à Max Winkler, et Rebecca Hall résume le ton en parlant d'un film d'époque irrévérencieux et punk, pas d'un drame en costumes classique.

La relecture féministe, et la question qui reste
Le trailer le promettait, les premiers échos le confirment : la série lit l'affaire à travers la rage et l'enfermement des femmes dans une maison sans électricité, sans salle de bain, sous la coupe d'un père qui compte chaque cent. Brennan parle d'une Lizzie traitée comme un animal, dans des scènes qu'il décrit lui-même comme difficiles à regarder. C'est l'angle qui a fait le succès de Monster depuis Dahmer : montrer le monstre, mais surtout le monde qui l'a fabriqué. Et c'est aussi ce qui a valu à Murphy ses critiques les plus dures, de la part de familles de victimes qui n'avaient rien demandé. Avec Lizzie Borden, ce reproche tombe presque de lui-même : les victimes sont mortes depuis 134 ans, il n'y a plus personne à blesser, et l'accusée elle-même n'a jamais été reconnue coupable. Reste la question, plus inconfortable, de ce que nous cherchons dans ces séries. Le fait divers en costumes rassure, parce qu'il est loin. Il devrait peut-être inquiéter, parce qu'il montre que le système qui n'a pas su juger une femme en 1893 n'était pas si différent de celui qui n'a pas su la protéger.
Les huit épisodes sont en ligne depuis ce matin, et les critiques agrégées n'existent pas encore : on te dira dans quelques jours si la saison tient la comparaison avec Dahmer, la seule des trois précédentes qui ait marqué durablement. Netflix, en tout cas, tient sa rentrée, après The Gentlemen saison 2 il y a deux semaines. Et si tu regardes le premier épisode ce soir, pose-toi la question que le jury de 1893 n'a pas eu le droit de se poser : est-ce que tu la crois coupable parce que les faits le disent, ou parce que la comptine te l'a chantée avant que tu saches lire ?
À lire aussi en Streaming
- YouTube double la mise : 20 millions de vues Shorts pour être monétisé
- Twitch a compté 8,6 milliards d'heures de gaming en 2026 et l'indé explose de 51 %
- N3on lance un clone IA qui streame 24h/24 sur Kick, son chat le traite de vendu
- Emmys 2026 lundi : Mariska Hargitay aux commandes, The Pitt et Hacks en favoris
Les derniers articles CTRL-POP
- Physint : lâché par PlayStation, Kojima signe chez Xbox et engage Bill Skarsgård
- Resident Evil : le film de Zach Cregger, meilleure adaptation de jeu vidéo jamais notée
- Trails in the Sky 2nd Chapter : le remake d'un JRPG culte devient le jeu le mieux noté de 2026
- iPhone 18 Pro : les premiers tests sont tombés, et le verdict tient en un mot, « incrémental »
Tous les articles · Toutes les thématiques · L'équipe CTRL-POP