The Gentlemen saison 2 : Theo James passe en mode Michael Corleone et Netflix tient sa rentrée
La série de Guy Ritchie est revenue le 3 septembre avec huit épisodes plus sombres : mafia italienne, cartel, Chambre des Lords, et un duc qui n'a plus grand-chose d'un gentleman. Variety salue une saison « prenante, dévastatrice et divertissante », JoBlo la juge meilleure que la première, Collider parle d'une série devenue plus réfléchie. Sans spoiler.
Par Camille D., le 7 septembre 2026. Catégorie : Streaming.
Un homme rampe dans un champ boueux, à moitié mort, le visage dans la terre. Si tu as regardé la première saison de The Gentlemen en mars 2024, tu ne le reconnais pas tout de suite : c'est Eddie Horniman, l'ancien capitaine devenu treizième duc de Halstead, celui qui gardait son calme et ses manteaux impeccables pendant que son frère Freddy s'écroulait sous la cocaïne. La saison 2, en ligne sur Netflix depuis le 3 septembre, s'ouvre sur cette image, puis remonte trois mois en arrière pour raconter comment on en arrive là. Guy Ritchie réalise trois des huit épisodes, dont les deux premiers, et co-écrit avec Matthew Read. Et dès les premières minutes, le ton a changé : moins de comédie, plus de sang, et un personnage principal qui découvre que sa gentillesse passe pour de la faiblesse.
L'Italie, les Lords et un patron qui décroche
Le point de départ, sans rien révéler que le premier épisode ne dise : Freddy est en cure, Eddie s'est installé dans l'empire du cannabis que Bobby Glass (Ray Winstone) dirige depuis sa prison avec sa fille Susie (Kaya Scodelario), et il a des ambitions. Récupérer les terres autour du domaine familial de 15 000 acres, étendre les affaires en Italie, et prendre position sur le marché du cannabis légal, ce qui passe par un vote au Parlement et par la bienveillance d'un certain Lord Hawthorne, joué par Hugh Bonneville, qui monnaye sa voix contre une soirée avec Jack, le frère de Susie. Bobby, lui, accepte volontiers un partenariat avec le mafieux Marco Moretti (Sergio Castellitto) et son intermédiaire imprévisible Cico Maldini (Michele Morrone), mais refuse catégoriquement toute idée de dépénalisation. Le vieux lion agit de plus en plus bizarrement, absorbé par une sorte d'éveil spirituel, et Eddie comme Susie se lassent de vivre sous sa coupe. Se dégager de l'emprise de Bobby Glass, évidemment, sera plus sanglant que prévu. Benedetta Porcaroli complète le casting en comtesse italienne, Benjamin Clementine en Nanny Asante, un militaire devenu écuyer royal, et Vinnie Jones, Giancarlo Esposito, Daniel Ings et Joely Richardson reprennent leurs rôles.
Moins de flash, plus de Parrain
La comparaison revient dans presque toutes les critiques, et Variety la met en titre : Theo James entre dans son ère Michael Corleone. La saison reste très Ritchie, oiseaux à un million de dollars, fusillades, décapitations et deux romances torrides, mais l'épisode 4, « The Bigger Picture », marque le basculement : Eddie explose, et ni les Glass ni le spectateur ne le regarderont plus de la même façon. JoBlo, qui met 8 sur 10, dit avoir été sonné en refermant la saison, la trouve meilleure que la première, y voit le projet Ritchie le plus réjouissant depuis des années, et convoque Breaking Bad plutôt que le film de 2019 : on est passé d'une comédie dramatique à un drame avec des éclats comiques. Collider, 9 sur 10, parle d'une série qui abandonne une partie de son clinquant pour une histoire plus réfléchie, presque philosophique, avec une touche de mysticisme absente de la saison 1. Le regret possible, pour ceux qui aimaient le côté joyeux bordel de la première saison, c'est précisément ce sérieux nouveau. Mais il est cohérent : si tu avais fait attention, il n'y avait qu'une trajectoire possible pour Eddie.
Prenante, dévastatrice et profondément divertissante : avec sa deuxième saison, The Gentlemen a monté la mise et trouvé son rythme.
Variety, critique de la saison 2, 3 septembre 2026
Theo James, l'audition Bond qui n'en est pas une
Impossible de regarder cette saison sans penser à l'autre feuilleton de l'été. Un duc en smoking blanc qui négocie avec la mafia, tire, séduit et encaisse, ça ressemble furieusement à une bande démo pour 007, et les bookmakers britanniques ont longtemps gardé Theo James dans leurs listes. Lui-même a fermé la porte cet été auprès de British GQ, à 41 ans, en se disant trop âgé et en expliquant craindre un rôle dont on ne revient jamais. Fin août, on te racontait qu'un inconnu, Jack Barton, serait le favori de Denis Villeneuve. Que ce soit lui ou un autre, The Gentlemen montre en tout cas ce que James sait faire quand on lui retire le sourire : une saison entière à durcir un homme, épisode après épisode, jusqu'au champ de boue de l'ouverture. Si tu n'as vu que la saison 1, revois le dernier épisode avant d'attaquer, la série ne perd pas de temps à te rafraîchir la mémoire. Et garde l'épisode 4 pour un soir où tu as le suivant sous la main.
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