Leon Bridges s'offre Jungle pour Happiness Anytime, son album le plus dansant
Sorti le 25 septembre, le cinquième album du crooner soul texan est produit par Josh Lloyd-Watson et Lydia Kitto de Jungle : grooves étirés, cuivres, influences afrobeat et brésiliennes. La critique est largement conquise, avec une voix discordante.
Par Myriam Aït, le 27 septembre 2026. Catégorie : Musique.
Fin septembre, la fenêtre encore ouverte, un reste d'été qui traîne dans l'air. Une ligne de basse ronde entre dans la pièce, puis des cuivres, puis une voix douce qui semble flotter au-dessus du rythme plutôt que de le mener. Tu te surprends à bouger la tête avant même d'avoir compris qui chante. C'est Leon Bridges, et c'est Happiness Anytime, son cinquième album, sorti le 25 septembre chez Columbia.
Si le nom ne te parle pas, tu as sans doute déjà entendu sa voix. Le chanteur de Fort Worth s'est fait connaître en 2015 avec Coming Home, un premier album de soul rétro qui semblait sorti des années 60, puis a multiplié les pas de côté, jusqu'aux EP Texas Sun avec le trio Khruangbin et un album aux accents country, Leon. Cette fois, il pose la guitare pour aller vers la piste de danse, avec deux tiers de Jungle, le collectif londonien de Busy Earnin', à la production : Josh Lloyd-Watson et Lydia Kitto. Le disque compte 12 titres, enregistrés à Los Angeles, avec notamment Pino Palladino à la basse et Eric Harland à la batterie sur Take My Hand.
Pour moi, le bonheur n'est pas un sentiment qu'on poursuit.
Leon Bridges
Le son fait la part belle aux rythmes : Light the Way ouvre le disque sur un groove teinté de cumbia et d'afrobeat, et le dossier de presse cite Fela Kuti et Sergio Mendes parmi les influences. Chez Clash, Sam Walker-Smart met 8 sur 10 et parle d'un mariage fait au paradis, tout en regrettant qu'il manque quelques vrais tubes pour atteindre le sommet. La voix discordante vient de Far Out, où Matthew Ingate ne met que 3 sur 10 et reproche au disque d'être trop lisse, poli au point de ne plus rien faire ressentir. Les deux avis ne sont pas si éloignés : tout le monde entend un album impeccable, le débat porte sur la place laissée à l'émotion.
Sur scène, le virage se voit aussi. Bridges a annoncé une formule élargie pour défendre le disque, avec un DJ aux platines vinyle, une section de cuivres et trois choristes, et il a donné en juillet deux concerts éphémères au Jazz Café, à Londres, au moment de l'annonce de l'album. Aucune date française n'est annoncée pour l'instant, mais vu la popularité de Jungle chez nous, ce serait étonnant que la tournée nous oublie.
Pour te faire ton avis, commence par trois titres. Light the Way, pour comprendre la nouvelle direction. Your Love Is Electric, pour le groove le plus immédiat. Et Tears of Joy, que les deux camps citent, pour entendre ce que la voix de Leon Bridges apporte quand elle ralentit. Si ces trois-là te plaisent, le reste du disque suivra tout seul, fenêtre ouverte de préférence.
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