Toy Story 5 : Pixar débranche la tablette et rallume l'émotion

Andrew Stanton met les jouets de Bonnie face à Lilypad, une tablette-grenouille doublée par Greta Lee. Un cinquième volet qu'on n'attendait plus et qui trouve une vraie raison d'exister : raconter ce que les écrans font au jeu des enfants.

Testé par Fred Ferrer, le 7 juillet 2026. Note : 8/10.

Verdict : Un cinquième volet qui justifie son existence par son sujet : les écrans qui grignotent le temps de jouer. Pas le choc de Toy Story 3, mais le Toy Story le plus pertinent depuis quinze ans, et un vrai beau rôle pour Jessie.

Soyons francs : personne ne réclamait un cinquième Toy Story. La saga s'était offert deux fins parfaites, en 2010 puis en 2019, et un volet de plus ressemblait à une ligne sur un plan comptable. Sauf que Pixar a confié les clés à Andrew Stanton, le réalisateur de Wall-E et co-scénariste de tous les Toy Story depuis le premier. Et Stanton a une idée, une vraie : ce n'est plus un jouet rival qui menace la bande, c'est la disparition du jeu lui-même.

Bonnie a huit ans, et pour son anniversaire elle reçoit Lilypad, une tablette éducative à tête de grenouille. En quelques jours, les jouets passent du centre du monde au fond du coffre. Doublée par Greta Lee, Lilypad est une trouvaille : mielleuse, persuasive, convaincue d'agir pour le bien de « sa » petite fille. Chaque parent dans la salle reconnaîtra le combat, et chaque enfant comprendra pourquoi Woody, Buzz et Jessie montent au front. Difficile d'inventer méchant plus contemporain.

Jessie, Buzz et Woody réunis dans la chambre de Bonnie face à Lilypad
Jessie, Buzz et Woody réunis dans la chambre de Bonnie face à Lilypad (© TMDB)

Jessie au centre, et c'est là que ça touche

La bonne surprise, c'est que le film appartient à Jessie. Devenue cheffe des jouets de Bonnie, la cow-girl doit gérer la crise, rappeler Woody à la rescousse et affronter ce que la saga lui avait laissé en suspens depuis sa chanson déchirante du deuxième volet : le souvenir d'Emily, la petite fille qui l'a abandonnée. Joan Cusack porte ces scènes avec une justesse qui rappelle pourquoi cette saga sait faire pleurer des adultes dans une salle pleine de gamins. La critique américaine a suivi : 92 % d'avis positifs sur Rotten Tomatoes pour une moyenne de 7,8/10, 73/100 sur Metacritic, et Variety qui salue par la plume d'Owen Gleiberman « une suite agile, émouvante et irrésistible ». Les réfractaires existent, Peter Bradshaw du Guardian y voit un simple produit d'exploitation de licence, mais ils sont minoritaires.

Tout n'est pas neuf pour autant. La mécanique du jouet en crise existentielle tourne pour la cinquième fois, et on devine plusieurs virages avant qu'ils n'arrivent. Le plaidoyer contre les écrans se fait par moments un peu insistant, à la limite du tract pour parents inquiets. Mais la salle rit souvent, se tait au bon moment, et ressort avec cette envie précise de rouvrir un coffre à jouets. Pour un film qui parle de l'attention volée, tenir la sienne de bout en bout pendant 1 h 42, c'est déjà une victoire. En famille, c'est la séance sûre de l'été.

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