Ghost of Yōtei : la vengeance est un plat qui se mange avec les yeux
Atsu traque les Yōtei Six dans un Ezo de 1603 à couper le souffle. Plus beau que Tsushima, mieux écrit par endroits, mais construit sur une histoire de vengeance qu'on a déjà vue cent fois. On a adoré, sans être surpris une seule fois.
Testé par Sarah L., le 7 juillet 2026. Note : 8/10.
Verdict : Le plus bel open world de la PS5, avec un système de combat au sommet du genre. Mais sous le vernis somptueux, la formule Sucker Punch commence à sentir le réchauffé et le scénario ne te surprendra jamais. Excellent, pas inoubliable.
1603, île d'Ezo, l'actuel Hokkaidō. Atsu a vu les Yōtei Six massacrer sa famille au pied du mont qui donne son nom au jeu. Seize ans plus tard, elle revient avec une liste de noms et une patience infinie. Voilà le pitch de Ghost of Yōtei, successeur spirituel de Ghost of Tsushima, et disons-le d'emblée : si tu cherches une histoire de vengeance originale, passe ton chemin. IGN parle d'un « récit de vengeance assez convenu », et c'est exactement ça. Bien exécuté, joliment mis en scène, mais prévisible du premier au dernier acte.
Alors pourquoi 8/10 ? Parce que tout le reste est somptueux. Michael Higham, chez IGN, évoque des « visuels incroyablement frappants à chaque virage », et le jeu enchaîne les panoramas qui forcent l'arrêt photo. Les champs de pampas argentées, les forêts de bouleaux sous la neige, les modes visuels hommage à Kurosawa : Sucker Punch a construit la plus belle carte de la PS5. Et Atsu porte le jeu. Plus rugueuse, plus drôle et plus ambiguë que Jin Sakai, elle s'impose comme une protagoniste qu'on suit avec plaisir, même quand le scénario télégraphie ses coups.
Cinq armes, un duel permanent
Le combat est la vraie réussite du jeu. Cinq armes de mêlée, chacune forte contre un type d'adversaire et faible contre un autre, à permuter en pleine mêlée comme un pierre-feuille-ciseaux sanglant. Le katana répond à la lance, le kusarigama neutralise les boucliers, et chaque affrontement devient un puzzle nerveux qu'on résout à la volée. Ajoute des duels en face-à-face dignes d'un film de sabre et une difficulté bien étagée, et tu obtiens le meilleur système de combat que Sucker Punch ait jamais produit.

Le problème, c'est le sentiment de déjà-vu. Cinq ans après Tsushima, la formule n'a presque pas bougé : suivre le vent, libérer des camps, empiler les collectibles contemplatifs. IGN le formule joliment : « la nouveauté a perdu de son éclat ». Et la sortie d'Assassin's Creed Shadows plus tôt en 2025, sur un terrain de jeu très proche, n'aide pas Yōtei à paraître neuf. On coche des cases magnifiques, mais on coche des cases.
Bon point pour la longévité : depuis mars 2026, le mode coopératif Ghost of Yōtei: Legends est disponible gratuitement. Missions à deux, raids à quatre, classes typées : de quoi relancer la machine une fois la vengeance d'Atsu bouclée. À 79,99 €, le jeu assume le prix fort des exclusivités Sony, mais au moins le contenu suit.
Le trailer de lancement officiel de Ghost of Yōtei (source : PlayStation)