Demon Slayer Infinity Castle : le film-monument qui a fait plier le box-office mondial

Premier volet de la trilogie finale, La Forteresse Infinie est 2 h 35 de démesure ufotable : combats hallucinants, émotion en embuscade et records historiques à la clé. Réservé aux initiés, et assumé comme tel.

Testé par Fred Ferrer, le 4 juillet 2026. Note : 9/10.

Verdict : Le sommet technique de l'animation d'action moderne, doublé d'un récit qui ose donner un passé déchirant à ses monstres. Ce n'est pas une porte d'entrée dans Demon Slayer, c'est une récompense pour ceux qui ont fait le voyage. Dans son registre, c'est un quasi sans-faute.

Les chiffres d'abord, parce qu'ils racontent quelque chose : environ 802 millions de dollars dans le monde, le record absolu pour un film d'animation japonais ET pour un film japonais tout court, devant Mugen Train et Le Voyage de Chihiro. Aux États-Unis, un démarrage à 70 millions de dollars qui a pulvérisé le record d'ouverture d'un film d'animation nippon, et un total qui a fini par détrôner Tigre et Dragon comme plus gros film international non anglophone de l'histoire du marché nord-américain. En France, où il est sorti le 17 septembre 2025, les salles IMAX ont affiché complet pendant des semaines. Un phénomène, donc. Mais un bon film ?

Oui, et un grand. L'arc de la Forteresse Infinie plonge Tanjiro et les Piliers dans le domaine de Muzan : un château impossible aux salles mouvantes, escaliers inversés et perspectives folles, terrain de jeu rêvé pour ufotable. Le studio y déploie une maîtrise qui frôle l'insolence : la caméra virevolte dans des décors en 3D, les effets de sabre découpent l'écran, et chaque affrontement majeur (Shinobu contre Doma, Zenitsu contre son passé, Tanjiro et Giyu contre Akaza) possède sa propre identité visuelle. Deadline salue un film « visuellement époustouflant », et le terme est presque timide vu ce que la dernière heure inflige à ta rétine.

Le cœur du film s'appelle Akaza

La vraie surprise n'est pas technique, elle est émotionnelle. Le film consacre son dernier acte au passé d'Akaza, le démon que les fans détestent depuis Mugen Train, et retourne complètement la table : en vingt minutes de flashback, l'ennemi juré devient une tragédie ambulante. C'est la grande force de l'œuvre de Koyoharu Gotouge, que le film honore mieux que jamais : ici, les monstres ne naissent pas monstres. On est ressortis de la séance sonnés, et le rewatch sur Crunchyroll, où le film est disponible depuis cette année, confirme que l'émotion survit au grand écran.

Le seul vrai avertissement tient en une phrase de Deadline : « ce n'est clairement pas de l'anime pour débutants ». Le film ne réexplique rien, ne présente personne, et se termine en pleine bataille, comme le « partie 1 sur 3 » qu'il est. Si tu n'as jamais vu la série, commence par elle. Si tu es à jour, fonce : tu tiens le plus beau spectacle d'animation d'action de la décennie, et l'attente du deuxième volet, prévu en 2027, va être longue.

Le trailer principal officiel de Demon Slayer: Infinity Castle (source : Crunchyroll)

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