Scarlet de Mamoru Hosoda débarque sur Netflix le 6 juin après son flop en salles
Le réalisateur de Belle et des Enfants loups revisite Hamlet en fantasy temporelle. Un échec en salles japonaises, une consécration à Venise : place au verdict du grand public.
Par Thomas R., le 2 juin 2026. Catégorie : Animé.
Imagine un film d'animation salué à la Mostra de Venise, signé par l'un des derniers grands maîtres japonais vivants, et qui se ramasse pourtant dans les salles de son propre pays. C'est exactement le paradoxe de Scarlet, le nouveau long-métrage de Mamoru Hosoda. Et c'est maintenant à toi, depuis ton canapé, de trancher : chef-d'œuvre incompris ou ambition trop grande pour son public ?
Scarlet arrive sur Netflix aux États-Unis le 6 juin 2026, après avoir déjà débarqué dans plus de quinze territoires depuis le 17 mai, dont la Belgique, l'Allemagne, la Suisse et l'Inde. Le film, produit par le Studio Chizu de Hosoda, est une relecture libre de Hamlet : Scarlet, princesse médiévale et bretteuse, traverse le temps et l'espace pour venger son père assassiné.
L'Otherworld, entre la vie et la mort
Après une tentative de vengeance qui tourne mal, Scarlet est gravement blessée et se retrouve piégée dans l'Otherworld, un plan d'existence désolé coincé entre la vie et la mort. Elle y croise un jeune pacifiste idéaliste venu de notre époque, qui soigne ses plaies et remet en question son besoin viscéral de revanche. Hosoda mélange personnages dessinés à la main et décors photoréalistes en images de synthèse, un contraste visuel qui crée des juxtapositions fortes.

Le grand écart Venise / box-office
Scarlet a eu sa première mondiale hors compétition à la 82e Mostra de Venise, le 4 septembre 2025, avant une sortie japonaise par Toho le 21 novembre. Et là, le mur : malgré l'aura de Hosoda et les louanges festivalières, le film a déçu au box-office nippon. Un sort cruel pour le réalisateur que beaucoup considèrent comme le dernier grand auteur de l'animation japonaise post-Ghibli, dans la lignée de ce qu'on évoquait à propos de Miyazaki.
Hosoda emploie un style dessiné à la main pour les personnages, qu'il place devant des décors photoréalistes en images de synthèse.
Critics Notebook, festival de Venise
Le streaming devient alors un filet de sauvetage pour le cinéma d'auteur animé. Là où une sortie en salles le condamnait à la confidentialité, Netflix offre à Scarlet une vitrine mondiale instantanée, accessible à des millions de foyers d'un seul clic. La vraie question, c'est de savoir si le public Netflix, habitué au binge-watching, prendra le temps de se laisser porter par un film aussi contemplatif et exigeant.
À toi de juger dès le 6 juin. Et si tu veux te faire un avis nuancé, garde en tête le contexte : un film boudé par les caisses n'est pas forcément un mauvais film, parfois juste un film qui arrive au mauvais moment, sur le mauvais écran. Netflix vient peut-être de lui offrir le bon.