Qualcomm prêt à lâcher 10 milliards pour Tenstorrent, la pépite IA de Jim Keller
Le géant du smartphone négocie le rachat de la startup de puces IA fondée par la légende Jim Keller. Objectif : exister face à Nvidia dans les datacenters.
Par Tom Valois, le 26 juin 2026. Catégorie : Tech & IA.
Tu penses Qualcomm, tu penses smartphone : le processeur Snapdragon dans ton Android, la puce qui gère ta 5G. Sauf que ce marché ralentit, et que le vrai gisement d'argent aujourd'hui, c'est l'IA dans les datacenters. Alors selon plusieurs sources sectorielles, Qualcomm aurait engagé des discussions pour racheter Tenstorrent, une startup de puces IA, pour un montant estimé entre 8 et 10 milliards de dollars. Si l'opération aboutit, ce serait un changement de cap brutal pour le géant.
Tenstorrent, c'est qui exactement ?
La startup, fondée en 2016, est dirigée par Jim Keller, une vraie légende de la conception de puces. À son palmarès : des architectures clés chez Apple, le processeur de conduite autonome de Tesla, et un passage marquant chez AMD. Tenstorrent mise sur le RISC-V, un standard de conception ouvert et gratuit, là où Nvidia verrouille son écosystème. Son argument : faire tourner certaines tâches IA moins cher que les puces Nvidia, qui dominent le marché avec des marges énormes. Pour Qualcomm, c'est un raccourci pour entrer dans la course sans repartir de rien.
Pourquoi maintenant, et avec quelle prudence
Le timing colle à l'emballement qu'on documente depuis des semaines. On a vu le marché de l'IA codeuse se recomposer à toute vitesse, et juin a aligné les annonces de modèles, de Gemini 3.5 Pro à la pression de Microsoft sur Claude. Dans ce contexte, posséder du hardware IA devient un enjeu de survie pour qui veut peser. Mais attention : ces négociations ne sont pas confirmées officiellement, le montant peut bouger, et le deal peut très bien capoter. On parle ici d'une intention rapportée, pas d'un contrat signé.
L'enjeu de fond dépasse Qualcomm : c'est la question de qui contrôlera le hardware IA de demain. Tant qu'une poignée d'acteurs verrouille les puces, les prix restent hauts et la dépendance forte. Le prochain signal à surveiller : une confirmation officielle, ou au contraire un démenti, dans les semaines qui viennent. D'ici là, on garde la tête froide sur les chiffres qui circulent.