PS6 : sortie repoussée vers 2028-2029, prix qui pourrait flirter les 800 dollars
Pénurie de RAM, AI boom, BOM qui s'envole, et un PDG qui répète qu'aucune décision n'est prise. Tout converge vers un report et une note salée pour la prochaine génération PlayStation.
Par Sarah L., le 10 mai 2026. Catégorie : Gaming.
Tu calculais déjà ta tirelire pour la PS6. Tu visais 2027, comme la rumeur la plus tenace de l'année 2025 le suggérait, avec un prix « maximum 599 dollars » qui circulait entre les analystes. Tu peux ranger les estimations : Sony vient de confirmer publiquement, par la voix de son PDG Hiroki Totoki, qu'absolument rien n'est fixé. Ni le calendrier, ni le prix, ni même le format final de la console. Et la principale raison, c'est la mémoire. La RAM. Cette ressource banale, devenue si tendue à cause de l'IA générative qu'elle déstabilise toute l'industrie console.
L'aveu officiel : Sony temporise sur tout
Lors du dernier appel investisseurs Sony début mai 2026, Hiroki Totoki a posé deux phrases très claires. La première : aucune décision définitive n'est prise pour le timing du hardware nouvelle génération. La seconde : les prix de la mémoire devraient rester très élevés sur l'exercice fiscal 2027, à cause de la pénurie persistante. En clair, Sony refuse de s'engager sur une date ou un prix tant que les coûts de fabrication restent imprévisibles. Bloomberg avait sorti dès février 2026 un rapport qui parlait d'un report potentiel à 2028, voire 2029. Sony n'a ni confirmé ni infirmé. Mais en lisant entre les lignes du discours Totoki, le calendrier 2027 s'éloigne sérieusement.
« Le prix de la mémoire devrait être très élevé en année fiscale 2027. Nous devons réfléchir soigneusement à ce que nous allons faire. »
Hiroki Totoki, PDG de Sony, conférence investisseurs (mai 2026)
Le coupable : la RAM, dévorée par l'IA générative
Voilà le truc qui change toute l'équation. Depuis 2024, les fabricants de mémoire (Samsung, SK Hynix, Micron) ont basculé l'essentiel de leur production vers les centres de données IA. Les hyperscalers comme OpenAI, Anthropic, Google, Meta, Microsoft commandent par dizaines de milliards de dollars chaque année, et paient cash, à des marges hallucinantes. Résultat, la mémoire HBM3 et la GDDR7 réservée aux GPU haut de gamme et aux consoles next-gen est en pénurie chronique. Sony a beau avoir sécurisé les volumes nécessaires pour le reste du calendrier 2026 (PS5 Pro et PS5 Slim), pour 2027 et au-delà, le PDG a lâché qu'il ne peut absolument rien garantir aux analystes. Concrètement, ça veut dire que sortir une PS6 en 2027 obligerait Sony soit à payer la mémoire deux fois plus cher (et répercuter sur le consommateur), soit à attendre que la pression retombe.

À combien on s'attend ? Entre 599 et 800 dollars selon le scénario
Côté chiffres, les analystes spécialisés ont resserré leurs estimations ces dernières semaines. Le scénario optimiste tient autour de 599-699 dollars en standard, calé sur l'inflation classique d'une génération à l'autre. Le scénario médian, qu'on lit le plus chez Tech Times, IBTimes et VGChartz, parle plutôt de 699-749 dollars. Et le scénario pessimiste, celui qui prend en compte une pénurie RAM persistante jusqu'à 2027, peut grimper jusqu'à 800 dollars, voire plus pour les modèles premium type PS6 Pro ou PS6 Digital Edition spéciale. À comparer avec la PS5 Pro, qui a déjà subi une hausse de 50 € en avril 2026 (qu'on analysait dans notre bilan PlayStation), ce serait la première fois qu'une console Sony franchirait la barre symbolique des 800 dollars en standard. Ce qui changerait totalement le positionnement marché : on entrerait dans une logique « console = équipement premium », à la place du « console = entrée de gamme abordable » qui dominait jusqu'ici.
Pour qui suit l'industrie de loin, ce flou Sony ressemble fort à la situation Valve avec sa Steam Machine, dont le report a aussi été lié aux mêmes coûts mémoire. La grande question maintenant : le PlayStation Showcase de juin 2026 va-t-il aborder le sujet PS6 frontalement, ou Sony va-t-il continuer à botter en touche ? Si l'on suit le ton Totoki et la prudence du board, on peut tabler sur un nouveau silence. Mais si Microsoft venait à lâcher un teaser sur sa prochaine Xbox d'ici la fin d'année, Sony serait forcé de réagir. À surveiller : le rapport Q2 fiscal de Sony en août, qui dira si la mémoire a continué à grimper ou commence à se stabiliser.