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Procès Apple : OpenAI demande le rejet d'une « poursuite sans fondement »

Accusée de vol de secrets industriels via d'anciens salariés d'Apple, OpenAI demande le rejet pur et simple. Sa défense retourne l'accusation : si ces informations étaient si secrètes, pourquoi Apple laissait-elle ses ingénieurs travailler sur leurs comptes iCloud personnels ?

Par Tom Valois, le 8 août 2026. Catégorie : Tech & IA.

Procès Apple : OpenAI demande le rejet d'une « poursuite sans fondement »

Tu quittes ta boîte pour un concurrent, et six mois plus tard ton ancien employeur t'accuse d'avoir emporté ses secrets dans tes valises. C'est le scénario que vivent d'anciens ingénieurs d'Apple recrutés par OpenAI, dont Chang Liu, nommément visé par la plainte déposée par la firme de Cupertino en juillet, aux côtés de Tan Yew Tan, aujourd'hui patron du matériel chez OpenAI. Apple y accuse OpenAI d'avoir siphonné des secrets industriels via ces recrutements, et même d'avoir utilisé des entretiens d'embauche pour soutirer des informations confidentielles. Jeudi 6 août, OpenAI a répondu de la manière la plus frontale possible : une motion de 31 pages demandant le rejet pur et simple du dossier, au ton inhabituellement agressif pour un document judiciaire.

Qui accuse qui, et de quoi

Le calendrier s'est emballé en quelques semaines. Plainte d'Apple en juillet, demande de discovery accélérée le 4 août, et motion de rejet d'OpenAI le 6 août. Sur le fond, le premier argument de la défense est procédural mais dévastateur : Apple n'aurait jamais précisé quels secrets ont été volés, se contentant de catégories génériques comme la fabrication ou les tests. Impossible de voler quelque chose qui n'est pas défini, plaide OpenAI, qui n'aurait par ailleurs ni démontré posséder un secret protégeable, ni décrit un acte concret de détournement. Le dossier Chang Liu est présenté sous un autre jour : l'ingénieur aurait simplement voulu aider un ancien collègue resté chez Apple, pas exfiltrer des documents.

OpenAI n'a ni usage, ni besoin, ni désir des secrets industriels d'Apple.

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L'accusation retournée contre Apple

Le second argument est plus embarrassant pour Cupertino, car il attaque sa propre hygiène de sécurité. Selon la motion, Apple laissait ses salariés accéder à leurs comptes iCloud personnels sur leurs machines de travail, et ne révoquait pas systématiquement les accès des employés après leur départ. Difficile, dans ces conditions, de soutenir que les informations en cause bénéficiaient du régime juridique du secret industriel, qui exige justement des mesures de protection raisonnables. La motion enfonce le clou : « OpenAI construit quelque chose d'entièrement nouveau et différent de tout ce qui existe chez Apple », et Apple ne devrait pas pouvoir utiliser « une poursuite sans fondement et prétextuelle » pour compenser ses difficultés à retenir ses talents et à intégrer l'IA dans ses produits. Une pique qui vise directement le retard de Siri.

Derrière la bataille juridique, c'est la guerre des talents IA qui change de terrain. Depuis le rachat de io, la start-up de Jony Ive, pour 6,5 milliards de dollars en 2025, OpenAI recrute à tour de bras d'anciens d'Apple pour concevoir ses propres appareils. Pour Cupertino, chaque départ est une fuite potentielle de savoir-faire matériel. On racontait il y a dix jours la lettre ouverte de plus de 1 100 salariés d'OpenAI, Anthropic et Google inquiets du rythme de la course : voilà maintenant que les recrutements eux-mêmes finissent au tribunal. Le dossier a son prochain rendez-vous : une audience est attendue le 1er octobre devant la justice fédérale, selon Bloomberg. D'ici là, chaque départ d'ingénieur de Cupertino vers San Francisco sera scruté à la loupe.

Mise à jour du 3 septembre 2026 : Apple a répliqué. Dans un mémoire déposé autour du 20 août, la firme demande au juge de rejeter la motion d'OpenAI, qu'elle accuse de reposer sur « la déformation, la spéculation et des preuves extrinsèques irrecevables », et réaffirme ses accusations contre Chang Liu et Tan Yew Tan. La balle est désormais dans le camp du tribunal, et l'audience du 1er octobre reste le prochain rendez-vous.

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