Nvidia débarque dans le PC avec le N1X : une puce ARM Windows aussi musclée qu'une RTX 5070

Au Computex 2026, Jensen Huang a dévoilé la superpuce RTX Spark, alias N1X, fabriquée avec MediaTek et Microsoft. C'est l'entrée fracassante de Nvidia sur le terrain verrouillé d'Intel, AMD, Qualcomm et Apple.

Par Julien S., le 4 juin 2026. Catégorie : Tech & IA.

Pendant trente ans, le cœur de ton PC Windows a été un terrain verrouillé. Intel, puis AMD, point final. Nvidia, lui, vendait la carte graphique qu'on glissait à côté. Sur la scène du Computex 2026, Jensen Huang a fait sauter ce vieux partage des rôles. Le patron de Nvidia a dévoilé le N1X, surnommé RTX Spark : une puce qui réunit processeur et graphismes dans un seul boîtier, et qui débarque pile au centre du PC. Autant dire que l'ambiance était électrique dans la salle.

Le N1X, expliqué simplement

Concrètement, c'est une puce ARM (l'architecture qu'on trouve dans les smartphones et les Mac récents) collée à un GPU dont la puissance se situe au niveau d'une RTX 5070, la carte graphique milieu-haut de gamme du moment. Le tout sous Windows, avec le fameux stack CUDA de Nvidia, c'est-à-dire l'écosystème logiciel qui fait tourner l'IA et les calculs lourds. Tu peux donc imaginer des laptops très fins, autour de 14 millimètres d'épaisseur, capables d'encaisser du jeu, de la création et de l'IA en local, avec jusqu'à 128 Go de mémoire unifiée partagée entre le CPU et le GPU. La puce est née d'un travail commun avec le taïwanais MediaTek et Microsoft.

Jensen Huang sur scène au Computex 2026 à gauche, et un gros plan d'une puce Nvidia entourée de modules mémoire à droite
Jensen Huang sur scène au Computex 2026 à gauche, et un gros plan d'une puce Nvidia entourée de modules mémoire à droite (© Tom)

Plus proche d'un R2-D2 que d'un laptop

Au-delà de la fiche technique, c'est la vision qui frappe. Interrogé par Tom's Guide, Jensen Huang a comparé sa puce à autre chose qu'un simple processeur de PC. Pour lui, on s'oriente vers des machines IA quasi vivantes, des compagnons plus que des outils. Le clin d'œil est volontairement geek, mais l'idée derrière est sérieuse : faire tourner l'intelligence artificielle directement sur ta machine, sans dépendre du cloud, pour la rapidité comme pour la vie privée.

La puce ressemble davantage à un R2-D2 qu'à un processeur de laptop classique.

Jensen Huang, PDG de Nvidia

Six constructeurs, et déjà la suite en préparation

Nvidia ne se lance pas seul. Dès cet automne 2026, les premiers laptops équipés du N1X arriveront chez Dell, HP, Lenovo, Asus, Acer, MSI, plus la gamme Surface de Microsoft. Et le patron de Nvidia ne compte pas s'arrêter là : il a confirmé que des N2X et N3X, les générations suivantes, sont déjà planifiées. Il s'est même dit ouvert à l'idée d'une console portable gaming sous architecture RTX, de quoi titiller directement la Steam Deck et l'ROG Ally.

Ce virage s'inscrit dans une mutation plus large du matériel qu'on suit de près, des lunettes IA aux wearables qui veulent remplacer le smartphone : le hardware grand public se réinvente à toute vitesse autour de l'intelligence artificielle. Reste la vraie question, celle du prix et de la compatibilité logicielle d'un Windows sur ARM, talon d'Achille historique. Le rendez-vous à surveiller, c'est l'automne : si les premiers N1X tiennent leurs promesses d'autonomie et de puissance, le laptop Windows de 2027 pourrait ne plus rien avoir d'un PC classique.