Masters of the Universe démarre faible au box-office malgré de bonnes critiques
Le film He-Man à 200 millions de budget n'a récolté qu'une trentaine de millions à l'ouverture, derrière Scary Movie 6. Les critiques sont pourtant correctes. Le grand écart d'un blockbuster qui peine à mobiliser.
Par Fred Ferrer, le 6 juin 2026. Catégorie : Cinéma.
Vendredi soir, dans une salle de multiplexe à moitié pleine, le générique de Masters of the Universe défile sur des spectateurs plutôt contents. Ils ont vu un Jared Leto en Skeletor flamboyant, un Eternia spectaculaire, un blockbuster qui assume son côté kitsch sans se moquer de ses fans. Et pourtant, le lendemain, les chiffres tombent comme une douche froide : à peine plus de trente millions de dollars sur le week-end d'ouverture aux États-Unis. Pour un film qui en a coûté 200, c'est un démarrage qui inquiète déjà Amazon MGM.
Bien reçu, mais boudé
Le paradoxe est brutal. Sur Rotten Tomatoes, le film affiche autour de 66 à 70 % d'avis positifs, ce qui le place dans la moyenne haute des adaptations de jouets. Réalisé par Travis Knight, porté par Nicholas Galitzine en Prince Adam et un casting où figurent Idris Elba, Camila Mendes et Alison Brie, le long-métrage a séduit une bonne partie de la critique. Mais l'accueil chaleureux des pros ne s'est pas transformé en tickets vendus. Le public, lui, n'a pas répondu présent.

Le piège des nostalgie-IP géantes
Le problème dépasse Masters of the Universe. Hollywood mise depuis des années sur les marques nostalgiques, persuadé qu'un nom connu suffit à remplir les salles. Sauf qu'un budget de 200 millions impose un score énorme, autour de 500 millions dans le monde, juste pour rentrer dans ses frais. Et He-Man, malgré sa notoriété chez les quadras, n'a jamais eu le poids culturel d'un Barbie ou d'un Super Mario. Le public jeune, lui, ne connaît pas vraiment la figure. Ramener une icône des années 80 sans base de fans massive, c'est un pari risqué que les chiffres viennent sanctionner.
Un film correctement reçu ne garantit plus rien : la nostalgie ne suffit pas à transformer la curiosité en billet acheté.
CTRL-POP
La concurrence arrive déjà
Le timing n'aide pas. Toy Story 5 débarque le 19 juin, et Pixar va aspirer une bonne partie du public familial que Masters of the Universe visait. La fenêtre pour rentabiliser le film est donc étroite, et tout va se jouer sur la tenue à l'international et le bouche-à-oreille. Le prochain repère à surveiller, c'est le score du deuxième week-end : si la chute dépasse les 60 %, le verdict commercial sera sans appel. Mais au fond, la vraie question reste celle-là : avant de signer un chèque de 200 millions, est-ce qu'on s'est vraiment demandé si quelqu'un attendait He-Man en 2026 ?