Jouer à League of Legends rend-il plus intelligent ? Une étude chinoise sur 30 semaines tranche

Université UESTC à Chengdu, 68 participants non-gamers, EEG en continu. Les résultats vont surprendre les parents qui détestent les MOBA.

Par Inkoo, le 2 mai 2026. Catégorie : Gaming.

Toutes les mères qui ont gueulé sur leur fils en train de tryhard à 23h sur League of Legends méritent qu'on leur fasse passer cet article. Une étude publiée fin avril 2026 dans la revue Brain Sciences vient de tomber, et elle dit littéralement le contraire de ce qu'on entend depuis 15 ans. Jouer à LoL une heure par jour pendant 30 semaines améliore l'attention, la mémoire de travail et certaines fonctions exécutives. Et l'effet est tellement marqué qu'il dure encore dix semaines après l'arrêt complet du jeu.

Le protocole : sérieux comme une étude médicale

L'étude a été menée à l'Université des sciences électroniques et de la technologie de Chine (UESTC), basée à Chengdu, par une équipe de neuroscientifiques. 68 étudiants ont été recrutés. Aucun ne jouait à LoL ni à des jeux de stratégie avant l'expérience. Ils ont été séparés en deux groupes : un groupe « LoL » qui devait jouer une heure par jour, cinq fois par semaine, pendant 30 semaines. Et un groupe « Sanguosha » (le jeu de cartes stratégique chinois inspiré des Trois Royaumes) avec le même rythme. Les chercheurs ont fait passer des tests cognitifs avant, pendant et après, plus des EEG pour mesurer l'activité cérébrale.

« L'effet sur l'attention rapide et le suivi de cibles multiples est durablement supérieur. »

Étude UESTC, Brain Sciences (avril 2026)

Les résultats : LoL gagne sur tous les tableaux

Les deux groupes ont vu leurs capacités cognitives s'améliorer. Mais le groupe LoL a fait mieux sur trois axes spécifiques : l'attention divisée (suivre plusieurs choses en même temps), la mémoire de travail (retenir 7-8 infos en simultané au lieu de 4-5), et la prise de décision sous pression (choisir vite avec des données incomplètes). Et surtout, l'écart s'est ENCORE creusé dix semaines après l'arrêt du jeu. Autrement dit, l'effet ne s'efface pas immédiatement quand on arrête. Le cerveau garde les nouvelles connexions formées pendant le jeu.

Pourquoi le MOBA en particulier ?

Les chercheurs ont une hypothèse simple. Un MOBA comme LoL combine en permanence trois choses qu'aucun autre format de jeu ne réunit : du combat tactique en temps réel (taper sur l'adversaire au bon moment), du tracking visuel en parallèle (la mini-map, les couloirs, l'équipe, les cooldowns), et de la coordination sociale (parler avec l'équipe, anticiper les actions). Ce trio active simultanément l'aire pariétale (perception spatiale), le cortex préfrontal (décision) et le système de récompense (dopamine). Sanguosha n'active pas autant le préfrontal car le rythme y est plus posé. Pour la culture pop : ça valide ce que les esports pros répètent depuis des années, à savoir que jouer à LoL au top niveau, c'est l'équivalent cognitif d'un sport intense.

Petit rappel avant de relancer la PC

L'étude porte sur 30 semaines à raison d'une heure par jour. Pas sur 14h non-stop avec 0 sommeil et 3 packets de chips. Les bénéfices observés disparaissent (et s'inversent) si la pratique tourne au binge. Les neuroscientifiques chinois insistent : l'effet positif est conditionné par une dose modérée et régulière. Bref, l'argument « LoL me rend plus malin » fonctionne. L'argument « du coup je peux jouer 12h » non.