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Josh D'Amaro à la tête de Disney : 1 000 licenciements et virage culturel

Le nouveau PDG de Disney, en place depuis le 18 mars 2026, a annoncé 1 000 suppressions de postes en avril. Et derrière les chiffres, un repositionnement éditorial qui interroge : Disney recule-t-elle sur ses choix d'inclusivité de la décennie 2020 ?

Par Camille D., le 10 mai 2026. Catégorie : Culture.

Josh D'Amaro à la tête de Disney : 1 000 licenciements et virage culturel

Tu visites Disneyland Paris depuis l'enfance. Tu reconnais la voix qui t'accueille avant les parades, celle qui disait « Mesdames et Messieurs, garçons et filles » au début des années 2000, puis « Rêveurs de tous âges » ces dernières années. Cette petite phrase, anodine en apparence, en dit long sur la stratégie éditoriale du groupe à un instant donné. Or depuis l'arrivée de Josh D'Amaro à la tête de Disney le 18 mars 2026, la machine envoie des signaux contradictoires. D'un côté un discours qui rassure sur l'ADN narratif. De l'autre des décisions concrètes qui font lever des sourcils.

Le nouveau patron : mille postes en moins en un mois

Josh D'Amaro n'est pas un visage neuf. Vétéran maison depuis près de trente ans, il dirigeait jusque-là le pôle Experiences, celui des parcs, le plus gros segment du groupe. Un profil d'opérationnel, pas de créatif venu d'Hollywood. Sa décision la plus visible tombe le 14 avril 2026, moins d'un mois après sa prise de fonction : un courriel interne annonce environ mille suppressions de postes. La coupe touche surtout les fonctions marketing, regroupées sous la direction d'Asad Ayaz, et s'étend aux studios, aux chaînes de télévision, à ESPN, aux équipes produit et technologie et aux services centraux. En interne, le chantier de réduction des coûts porte un nom de code, Project Imagine, censé accélérer la collaboration entre équipes. Officiellement, Disney garde le cap : créativité, narration, magie. Officieusement, plusieurs analystes y lisent la volonté d'un nouveau patron d'imprimer sa marque vite.

Mille postes supprimés en un mois, c'est une signature. Reste à savoir ce qu'elle signe.

Un changement de ton qui pose question

C'est sur le volet éditorial que les commentateurs se divisent. Plusieurs médias spécialisés et blogs de fans observent un glissement de tonalité depuis l'arrivée de D'Amaro. Ces dernières années, le groupe avait progressivement remplacé les formules d'accueil traditionnelles, du type « Ladies and Gentlemen, Boys and Girls », par des tournures plus larges, « Dreamers of all ages » ou « Friends ». Pour beaucoup, ce n'était pas cosmétique : c'était la reconnaissance que toutes les familles, toutes les identités existent et sont les bienvenues dans les parcs. En 2026, plusieurs observateurs rapportent un retour partiel à un vocabulaire plus classique sur certains spectacles et certaines communications. Disney n'a publié aucune politique en ce sens, et rien ne permet de parler d'une décision officielle. Mais la convergence des signaux nourrit l'hypothèse d'un repositionnement.

Josh D'Amaro, nouveau PDG de Disney depuis le 18 mars 2026, lors d'une intervention publique aux Disney Parks
Josh D'Amaro, nouveau PDG de Disney depuis le 18 mars 2026, lors d'une intervention publique aux Disney Parks

La vraie question : qui paie le prix du retour aux fondamentaux ?

L'enjeu est présenté en interne comme un calcul de marché : reconquérir des familles qui s'étaient éloignées, jugeant Disney trop militant à leur goût. Ce calcul a un revers que les communiqués évitent soigneusement. Quand Disney a remplacé ses formules genrées par des accueils plus larges et mis en avant des personnages LGBTQ+, des familles non traditionnelles et des héroïnes non blanches, ce n'était pas une lubie marketing. C'était admettre que ces enfants, ces familles, ces identités font partie du public Disney depuis toujours, et qu'elles méritaient d'être nommées. Reculer là-dessus n'est pas une décision neutre : c'est dire à des millions de gens qu'ils avaient été inclus pour la façade. La question qu'on aimerait poser à D'Amaro n'est pas comment ménager les deux camps, mais ce que ressentent celles et ceux qu'on cesse de saluer dans le vocabulaire officiel d'un parc qu'ils fréquentent depuis l'enfance.

À l'échelle de Disney, chaque mot pèse, et l'industrie regarde. On l'avait déjà vu quand le groupe a retiré un Star Wars de son calendrier 2026 pour y glisser Ice Age 6, sujet qu'on a couvert de notre côté. Warner, NBCUniversal et les autres observent Burbank avant d'arbitrer leurs propres choix : si Disney recule, d'autres reculeront. Côté parcs, le test grandeur nature a déjà commencé, avec l'ouverture de World of Frozen à Disney Adventure World, à Paris, fin mars. Le prochain rendez-vous est fixé à août 2026 : la conférence de résultats du troisième trimestre fiscal, première occasion pour D'Amaro d'exposer sa vision globale aux investisseurs. C'est là qu'on saura si le glissement éditorial devient une stratégie assumée ou s'il n'était qu'un flottement de transition.

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