Disclosure Day de Spielberg dévisse de 65 % : le pari du blockbuster 100 % original
Meilleur démarrage pour un film original de Spielberg, mais un CinemaScore B et une chute brutale en deuxième week-end qui posent la vraie question : un blockbuster sans licence peut-il encore tenir la distance en 2026 ?
Par Fred Ferrer, le 21 juin 2026. Catégorie : Cinéma.
Premier week-end : tu arrives à ta séance, la salle est pleine, les gens parlent du film à la sortie, l'IMAX affiche complet. Deuxième week-end, même cinéma : la salle est à moitié vide, quelques retardataires éparpillés dans le noir. Entre les deux, il ne s'est passé qu'une chose, mais elle est décisive : le bouche-à-oreille a fait son travail. Et pour Disclosure Day, le nouveau Spielberg, le verdict du public a été plus tiède que celui des critiques.
Les chiffres racontent une histoire à deux visages. D'un côté, Disclosure Day a réalisé le meilleur démarrage de la carrière de Steven Spielberg pour un film original, c'est-à-dire sans licence ni suite préexistante. De l'autre, le film a chuté d'environ 65 % lors de son deuxième week-end, une dégringolade brutale pour une production de ce calibre. Côté réception, le grand écart est tout aussi net : 80 % d'avis critiques favorables, mais un CinemaScore B, la note attribuée par le public à la sortie de la salle.
Quand le bouche-à-oreille tue un film aimé de la critique
Cet écart entre la presse et le public est le cœur du problème. Un film qui plaît aux critiques mais laisse le grand public sur sa faim souffre d'un mal connu : le mauvais bouche-à-oreille. Les curieux du premier week-end repartent partagés, en parlent autour d'eux avec une nuance, un "c'est bien mais...", et ce "mais" suffit à freiner ceux qui hésitaient. Un CinemaScore B, ce n'est pas une catastrophe en soi, mais pour un blockbuster qui a besoin de remplir les salles plusieurs semaines d'affilée pour rentabiliser son budget, c'est un signal d'alarme.

Le vrai enjeu dépasse le seul Disclosure Day. À l'ère des franchises, des suites et des univers étendus, un blockbuster 100 % original reste un pari risqué, même avec Spielberg aux commandes. Pas de fans déjà acquis, pas de personnage connu pour vendre l'affiche, pas de cinquième volet pour rassurer les investisseurs. Tout repose sur la promesse d'une histoire neuve, et donc sur la qualité ressentie une fois la lumière éteinte. Quand ce film original démarre fort mais s'écroule vite, c'est tout le modèle du risque créatif qui se retrouve sur la sellette.
On a vu le scénario inverse cet été, et on en parlait : des productions à licence comme Masters of the Universe se sont aussi effondrées, preuve qu'une marque connue n'est plus un bouclier magique. Mais l'enjeu n'est pas le même. Quand une licence flanche, le studio peut se rabattre sur le merchandising, les suites, le streaming. Quand un original flanche, il n'y a rien derrière, et le message envoyé aux studios est terrible : "ne prenez plus de risques". C'est exactement ce cercle vicieux qui appauvrit peu à peu le cinéma grand public.
Reste à voir si Disclosure Day peut limiter la casse. Avec une carrière internationale et une longue traîne en salle, un film de Spielberg conserve une marge de manœuvre que peu d'autres réalisateurs ont. Le rendez-vous à surveiller : les chiffres du troisième week-end et le démarrage à l'international, qui diront si le pari de l'original tient encore debout. Pour les cinéphiles qui veulent voir le cinéma continuer d'oser des histoires neuves, le meilleur soutien reste le plus simple : aller le voir en salle, tant qu'il y est encore.