ChatGPT Work contre Claude Cowork : la semaine où l'IA est devenue une app de travail
À 48 heures d'écart, OpenAI et Anthropic ont dégainé la même arme : le 7 juillet, Claude Cowork débarque sur le web et le mobile ; le 9, OpenAI répond avec ChatGPT Work, une app tout-en-un qui rédige des documents, monte des présentations et héberge des sites.
Par Tom Valois, le 11 juillet 2026. Catégorie : Tech & IA.
Mardi matin, tu lances une tâche depuis ton ordi du bureau : mettre en forme un rapport, préparer une présentation, trier un dossier de photos. Tu fermes le laptop, tu descends dans le métro, et tu suis l'avancement depuis ton téléphone. En arrivant chez toi, le travail est fini, relu, prêt à envoyer. Ce scénario, les deux plus gros labos d'IA du monde viennent de le rendre banal, à 48 heures d'intervalle.
La chronologie de la semaine mérite d'être posée. Mardi 7 juillet, Anthropic annonce que Claude Cowork, jusqu'ici réservé à son app de bureau, arrive sur le web et le mobile. Jeudi 9, OpenAI ouvre GPT-5.6 au public, comme on te le détaillait dans notre article sur l'offensive de juillet, et dévoile dans la foulée ChatGPT Work, sa propre « app de travail ». Deux lancements frontalement concurrents, la même semaine. Le hasard n'existe pas à ce niveau.
ChatGPT Work : le bureau tout-en-un d'OpenAI
ChatGPT Work fusionne le chatbot avec Codex, l'outil de programmation maison, pour produire des documents, des présentations et même des sites web hébergés directement par OpenAI, le tout depuis une nouvelle application de bureau. La motorisation est assurée par GPT-5.6, décliné en trois tailles, et OpenAI insiste lourdement sur le rapport qualité-prix : la plus petite version viserait les résultats de la plus grande pour un cinquième du coût. Le déploiement commence par les abonnés Pro, Enterprise et Edu, avant les offres Plus et Business.
Compétitif face à des modèles bien plus chers, à deux fois la vitesse.
Ty Geri, OpenAI, lors de la présentation de ChatGPT Work
Claude Cowork sort du bureau
En face, Anthropic joue la continuité plutôt que le feu d'artifice. Cowork, c'est l'agent qui planifie et exécute des tâches en plusieurs étapes sur tes fichiers. La nouveauté du 7 juillet : les sessions tournent désormais à distance, rattachées à ton compte, et te suivent d'un appareil à l'autre. Tu peux fermer ton laptop, la tâche continue. Le déploiement démarre en bêta sur le plan Max, avec des limites d'usage doublées jusqu'au 5 août pour marquer le coup. Détail révélateur relevé par Anthropic : plus de 90 % de l'usage de Cowork n'a rien à voir avec le code. Les gens s'en servent d'abord pour l'administratif et la création de contenu. L'IA de bureau est déjà un outil grand public qui s'ignore.
Qui essayer, pour quoi faire ?
Si ton besoin, c'est produire vite des livrables clés en main, documents, slides, petit site vitrine, ChatGPT Work est taillé pour ça, à condition d'avoir l'abonnement qui va bien. Si tu veux plutôt déléguer des tâches longues sur tes propres fichiers et les suivre depuis ton téléphone, Cowork a une longueur d'avance sur la continuité entre appareils. Après le Claude Fable 5 de juin et un mois record pour toute l'industrie, une chose est sûre : la guerre des chatbots est finie. Celle des postes de travail IA vient de commencer, et la rentrée de septembre, avec ses annonces de prix et d'ouverture aux abonnements grand public, dira qui a pris la tête.