Beabadoobee dévoile « Pylon », son album le plus rock, avec Hayley Williams et Chino Moreno

Quatrième album prévu le 18 septembre sur Dirty Hit et Interscope. Premier single « Sun Has Set » saturé de distorsion, invités de marque (Paramore, Deftones, Turnstile), prod Matty Healy, et une première tournée en arénas.

Par Myriam Aït, le 25 juin 2026. Catégorie : Musique.

Tu mets le casque, tu lances le single, et au lieu de la guitare douce et des murmures qui t'ont fait connaître Beabadoobee à 17 ans sur YouTube, tu prends une vague de distorsion en pleine face. « Sun Has Set » crache des accords saturés, des amplis poussés dans le rouge, et une voix qui hurle. La fille de la bedroom pop a rangé son micro feutré. Le 24 juin, Beatrice Laus a annoncé « Pylon », son quatrième album, et le ton est posé dès la première seconde.

L'album sort le 18 septembre sur Dirty Hit et Interscope. Il succède à « This Is How Tomorrow Moves » de 2024, et le titre n'est pas anodin : un pylône électrique, des câbles à haute tension, une esthétique brute qui colle au son plus lourd et plus électrique de ce disque. Beabadoobee, britannico-philippine de 25 ans, ne fait pas semblant : elle vire franchement vers le grunge, le midwest emo et l'alt-rock 90s qui l'ont biberonnée.

Un casting de rêve pour les fans de rock

C'est là que « Pylon » devient gourmand. Hayley Williams, la voix de Paramore, chante sur « Nothing To Prove ». Brendan Yates, le frontman de Turnstile, pose un couplet sur « Powerlines ». Chino Moreno des Deftones est de la partie, tout comme Evan Stephens Hall de Pinegrove et Shane Moran de Title Fight. Et à la production, on retrouve Matty Healy et George Daniel, ses camarades de label The 1975. Pour qui suit la scène, c'est un alignement de planètes : ces noms-là ne se croisent pas souvent sur un même disque.

Beabadoobee accroupie sur un talus de terre devant un pylône électrique, photo de presse pour Pylon
Beabadoobee accroupie sur un talus de terre devant un pylône électrique, photo de presse pour Pylon (© Billboard / Erika Kamano)

Le glow-up ne s'arrête pas au son. Beabadoobee passe pour la première fois en arénas, avec une tournée qui touche l'Amérique du Nord, le Royaume-Uni et l'Europe. Au programme : le Madison Square Garden de New York le 5 octobre, l'O2 Arena de Londres le 18 novembre, et un passage par Paris. Pour une artiste qui jouait il y a quelques années dans des salles de 200 personnes, le saut est vertigineux.

Le clip officiel de « Sun Has Set », réalisé par Jake Erland, premier aperçu du virage rock de « Pylon ». (source : beabadoobee)

Ce virage vers le brut et le sincère n'est pas isolé. On en parlait récemment avec Olivia Rodrigo qui pousse, elle aussi, vers un son plus expérimental et moins lisse : toute une génération d'artistes pop nées en ligne semble vouloir gratter la peinture propre pour montrer quelque chose de plus rêche. Beabadoobee va peut-être le plus loin de toutes.

Le prochain rendez-vous à surveiller : la sortie de « Pylon » le 18 septembre, et l'ouverture de la billetterie pour la date parisienne, qui risque de partir vite vu la nouvelle ferveur autour d'elle. Si tu veux entendre à quoi ressemble une bedroom pop qui se branche sur du 220 volts, c'est maintenant que ça se passe.