Anthony Hopkins sort son premier single de compositeur à 88 ans
« Bracken Road », écrit en 1963 et inspiré des paysages de son enfance galloise, inaugure son contrat chez Decca Classics. L'album « Life is a Dream », dirigé par Gustavo Dudamel, compile six décennies d'œuvres jamais publiées.
Par Myriam Aït, le 14 juillet 2026. Catégorie : Icônes.
Imagine un gamin de quatre ans dans une maison du sud du Pays de Galles, à la fin des années 1930. Fils de boulanger, plutôt solitaire, pas franchement doué à l'école. Il grimpe sur le tabouret du piano familial et il y reste, des heures. Ce gamin s'appelle Philip Anthony Hopkins, et le monde entier le connaîtra soixante ans plus tard sous les traits d'Hannibal Lecter. Ce qu'on ne savait pas, ou si peu : pendant toute sa carrière d'acteur, il n'a jamais cessé de composer. À 88 ans, il vient enfin d'officialiser cette vie parallèle en signant un contrat de compositeur chez Decca Classics, le label classique le plus prestigieux du monde, et en publiant le 10 juillet son tout premier single : « Bracken Road ».
Un morceau écrit en 1963, entre deux répétitions de théâtre
« Bracken Road » n'a rien d'une composition de circonstance. Hopkins l'a écrite en 1963, quand il était jeune comédien au Liverpool Playhouse et qu'il improvisait au piano avant les répétitions, en pensant aux paysages qui entouraient la maison de son enfance près de Port Talbot. Le morceau a mûri soixante-trois ans dans ses tiroirs avant d'être enregistré. Il ouvre la voie à « Life is a Dream », un album complet prévu pour le 21 août qui rassemble des œuvres orchestrales écrites sur plus de six décennies, inspirées de son enfance, de ses proches et de son Pays de Galles natal, auquel un autre titre, « My Fatherland », rend directement hommage.
La musique était mon premier désir, mon premier vœu. J'ai composé toute ma vie.
Anthony Hopkins
Dudamel à la baguette, le Philharmonia dans le studio
Decca n'a pas traité le projet comme une curiosité de star : l'album est dirigé par Gustavo Dudamel, chef d'orchestre récompensé aux Grammy Awards, à la tête du Philharmonia Orchestra de Londres, avec le violoncelliste Gregorio Nieto et le pianiste Sergio Tiempo en solistes. Dudamel décrit Hopkins comme un de ces rares artistes dont la voix créative dépasse un seul médium. Le label, lui, promet une musique qui partage « la même profondeur émotionnelle » que sa carrière d'écran. On demandera confirmation à l'écoute complète, mais le premier single donne le ton : lyrique, mélancolique, très cinématographique. Rien d'étonnant pour un homme qui a passé sa vie à jouer des partitions écrites par les autres.
Au-delà de l'anecdote musicale, il y a quelque chose de profondément réconfortant dans cette histoire. L'homme aux deux Oscars, pour Le Silence des agneaux et The Father, apprend à 88 ans le métier de compositeur publié, avec la même candeur qu'un débutant. Il n'est jamais trop tard pour ouvrir le tiroir où dorment tes projets. « Bracken Road » s'écoute dès maintenant sur toutes les plateformes de streaming ; « Life is a Dream » arrive le 21 août. On y reviendra à la sortie, avec une question en tête : et si la plus belle bande originale d'Hopkins était la sienne ?